vendredi 24 mai 2013

Carte de voeux pour Octave Uzanne pour la nouvelle année 1897 dessinée par George de Feure. Lithographie en couleurs par l'imprimerie Eugène Mauler, 9, rue de l'Estrapade, Paris.



Carte de voeux pour Octave Uzanne pour la nouvelle année 1897
dessinée par George de Feure.
Lithographie en couleurs par l'imprimerie Eugène Mauler, 9, rue de l'Estrapade, Paris.
146 x 100 mm, papier vélin fort teinté.

Coll. B. H.-R. [acquisition mai 2013]


Cette carte a été reproduite en grand format (220 x 148 mm) dans les Programmes illustrés des Théâtres et des Cafés-Concerts : Menus, Cartes d'invitation ... par Ernest Maindron (1897). Elle est alors imprimée par F. Appel, Paris.

Le tirage au format carte de voeux (146 x 100 mm), sur carton vélin fort, est très difficile à rencontrer, il semble bien qu'il s'agisse d'une des plus rares cartes de vœux pour Octave Uzanne, dessinée par un artiste de renom.

Georges Joseph Van Sluÿters (6 septembre 1868-26 novembre 1943), alias George(s) de Feure, est un artiste français de descendance hollandaise par son père et belge par sa mère. Il est né à Paris en 1868, mais la famille est obligée d'émigrer en 1870 lors du déclenchement de la guerre franco-prussienne. De retour à Paris en 1889, il s'établit à Montmartre et se joint à la Bohème parisienne. Son cercle d'intimes inclus les compositeurs Claude Debussy, Maurice Ravel et Erik Satie. Son œuvre picturale est définitivement inspirée par les poèmes de Charles Baudelaire et les romans de Georges Rodenbach. Dans les années 1890, il est reconnu par Puvis de Chavannes comme un des peintres les plus importants du mouvement symboliste français. Son œuvre est caractérisée par de nombreuses représentations de la Femme fatale, thème que l'on retrouve dans l'ensemble des œuvres du courant Art nouveau. Sa renommée comme peintre symboliste et son expérience comme affichiste pousse le marchand d'art Siegfried Bing à l'approcher afin de lui confier la réalisation de la façade du pavillon de l'Art nouveau à l'Exposition universelle de 1900 qui se tient à Paris. De plus, Bing confiera à de Feure la réalisation de deux intérieurs dans ce même pavillon. Les meubles qu'il conçoit pour le boudoir sont louangés par la critique qui y voit une représentation de la quintessence de l'art français. On vante leur délicatesse et leur grâce toute féminine. En 1900, G. Mourey de La Revue des Arts décoratifs les décrit comme « un des ensemble décoratif les plus exquis et parfait que notre époque ait créé ». Une grande rétrospective de son œuvre se tiendra en 1903 et voyagera de Paris à Hambourg et La Haye. Durant les premières décennies du xxe siècle, il continuera à créer des ensembles décoratifs (évoluant du style Art nouveau vers le style Art déco), il créera une compagnie de construction d'aéroplanes et s'intéressera à la confection de costumes et de décors pour le théâtre. En février 1942, suite à une longue maladie, il demandera au ministère des Beaux-Arts d'acquérir deux de ses tableaux pour la collection nationale, ce qui lui sera refusé. Il meurt le 26 novembre 1943 dans le Paris de l'Occupation. (Source : Wikipédia).

George de Feure a participé à trois livres pour Octave Uzanne. Le premier en date est Féminies (pour les Bibliophiles contemporains) dont il illustre la couverture (achevé d'imprimer le 15 février 1896). Il composa presque dans le même temps la première couverture pour le Dictionnaire Biblio-Philosophique (1897) pour les Bibliophiles contemporains. La troisième et dernière participation de George de Feure à un ouvrage "dirigé par Uzanne" est La Porte des Rêves de Marcel Schwob publié par Octave Uzanne pour les Bibliophiles indépendants (1899), entièrement illustré par l'artiste, sa plus importante contribution à la bibliophilie uzannienne.

Octave Uzanne était admiratif du travail d'artiste de George de Feure, et il l'écrit dans intéressant article publié dans la nouvelle revue Le Monde Moderne lancée au début de l'année 1895 par Albert Quantin. Il y donne en effet au cours du premier semestre 1898 (janvier - juin) un article intitulé Les Maîtres de l'estampe et de l'affiche. M. Georges de Feure. Vous pouvez lire ou relire cet article ICI. Il donnera encore un autre article sur George de Feure dans l'Echo de Paris du 10 décembre 1897 (que vous pouvez lire ICI), article qui sera repris en volume dans Visions de notre heures, Choses et Gens qui passent (Paris, H. Floury, 1899).

Par ailleurs, lorsqu'il vend une partie de sa collection de dessins et estampes aux enchères le 30 mai 1908 à l'hôtel Drouot à Paris, Uzanne présente 3 œuvres originales de George de Feure au catalogue : n°105. Composition allégorique pour la couverture de Féminies (Bibliophiles contemporains). Aquarelle gouachée, signée. n°106. Le Rendez-vous. Aquarelle, signée. n°107. Parisiennes aux champs. Aquarelle gouachée.

Bertrand Hugonnard-Roche

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