dimanche 29 octobre 2017

Chroniques de l'arrière par Octave Uzanne. 1914-1918. L’année 1917 verra-t-elle la fin de la guerre ? – Jeudi 11 janvier 1917.



L’année 1917 verra-t-elle la fin de la guerre ? Jeudi 11 janvier 1917. (*) 

Il y eut de l’étonnement, presque de la stupéfaction et de l’incrédulité même lorsqu’on apprit en France, vers la fin d’août 1914, que nos alliés de Grande-Bretagne traitaient leurs marchés de guerre à long terme et se refusaient à conclure les contrats pour une durée moindre de trois ou quatre années. Il ne pouvait entrer dans nos conceptions que le formidable conflit mondial se puisse perpétuer au-delà d’un an ou dix-huit mois. Nos amis britanniques voyaient plus juste. Leur premier chant de débarquement scandait, sur un rythme de gigue mélancolique, la longueur du chemin qui mène à Tippérary, au but lointain de la marche épique pour la sauvegarde du monde. Ils ne s’illusionnaient point, ni sur l’âpreté des combats, ni sur leur inexorable continuité, ni surtout sur l’étendue prodigieuse des efforts à multiplier pour atteindre une performance supérieure. Ils savaient surtout que la force du Royaume-Uni était faite de patience, de volonté froide et persistante et de méconnaissance de la lassitude. Au cours de son histoire, l’Angleterre semble avoir faite sienne la fière devise de Charles-Quint : « Le Temps et Moi contre tous. » Ce qu’elle ne put obtenir par la puissance de ses armes, par la maîtrise de sa flotte ou par l’abondance de ses moyens financiers, elle sut toujours le réaliser par son obstination prodigieuse dans la résistance et par son dédain des mois et des années qu’il fallut dépenser pour résoudre toute affaire entreprise aux conditions mêmes qu’elle s’était proposées dès le principe pour sa réussite.

Lord Kitchener, peu de temps avant le mystérieux désastre maritime où il disparut, répondait à l’un de ses compatriotes qui l’interrogeait sur la durée de la guerre : « Comment vous dirais-je quand elle finira, alors que je ne sais pas encore quand, pour nous autres, Anglais, elle commencera vraiment avec tous nos moyens. »

Et, en effet, la grande ruée en avant du Léopard britannique, le bondissement définitif ne s’est pas encore produit. Sir Douglas Haig, le nouveau maréchal, chargé de le déclencher sur notre front et à nos côtés, montre autant d’humour que Kitcheneer, pour le moins, dans ses propos sur la continuité des efforts. On lui prête cette réplique à quelqu’interviewer sur le terme à entrevoir de tant de misères : « Le mieux, est de se dire que, dans ces sortes d’affaires, les cinq premières années sont les plus terribles ; après cela, il n’y a plus qu’à voir venir le résultat. »

Pour le caractère granitique du britisher d’origine celtique, l’esprit de notre fabuliste est assurément le meilleur qui soit : « Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage. » Laisser l’ennemi dépenser ses forces en agressions fiévreuses, épileptiques, rapides, avec la hâte du résultat ; constater ses succès, avec la volonté décisive de ne pas s’en alarmer ; attendre, en réservant ses énergies, le moment voulu, précis où l’on percevra son halètement distinct dans l’effort, afin de frapper avec tout le sang-froid, toute la force accumulée pour le jeter à terre. Les professionnels du ring connaissent cette théorie des ruses sportives de la Boxe.

*
* *

Les débuts d’années sont fertiles en spéculations d’espérances. Les civilisés montrent une foi de joueurs fatalistes en engageant, croient-ils, la partie sur un tapis neuf. Déjà, en janvier 1915 et 1916, ils ouvrirent un crédit sans limite aux offensives des printemps prochains, croyant entrer dans l’année des solutions heureuses et des libérations territoriales.

Toutefois, les esprits méthodiques, réfléchis, clairvoyants, susceptibles de considérer dans l’ensemble le tableau des chances adverses sur l’immense échiquier des opérations ; ceux qui ne méjugent pas la témérité, la ténacité, la décision germanique et qui se gardent d’oublier que l’importance de l’enjeu est un dilemme de vie ou de mort, ceux-ci réservent sagement leur opinion. Ils savent que les coups de partie seront nombreux encore, et que le moment n’est pas venu où l’on jouera « la belle ».

Cependant, l’année 1917, à son aurore, en dépit d’incontestables victoires des Empires du Centre sur les infortunés Roumains, cette année considérée comme fatidique par les féticheurs du chiffre 7, apporte aux alliés des prévisions de paix qui semblent se cristalliser en solides apparences de certitudes dans la majorité des cerveaux. Les échanges de souhaits de ce premier janvier se sont faits partout sur des pronostics d’un optimisme dépourvu de toute discrétion. Il semble que le terme de l’affreuse tuerie soit comme un météore visible à l’horizon. Les Boches se sont avisés de vouloir nous déclarer la paix, dont ils sont affamés, tout autant que d’aliments azotés. Il n’est pas un Français qui ait été enclin de tomber dans le godant. La réponse exprime bien notre fermeté nationale. Nos espoirs ont légitimement rebondi. Ils ne doivent pas toutefois devenir aveugles et nous conduire aux désillusions.

En nous défiant de l’hypocrite accès d’humanité de l’ogre allemand, en estimant l’heure inopportune pour ouvrir des pourparlers pacifiques, nous avons conscience de vouloir dicter nos conditions après partie gagnée. Il y a en nous trop de fierté, du moins j’en ai la conviction, pour nous féliciter de voir la bête malfaisante à terre uniquement du fait d’inanition. Une victoire acquise par dénutrition de l’adversaire et non par la vertu et la gloire de nos armes, ne nous apparaîtrait pas très reluisante. Elle laisserait au militarisme prussien que nous prétendons détruire toute sa morgue et une confiance intégrale dans sa valeur indéfectible. La paix qui résulterait d’une tel triomphe offrirait un pitoyable minimum de garanties psychiques. Pouvons-nous vraiment nous en contenter ?

Soyons donc rationnels et logiques. Considérons la famine possible et probable du peuple allemand comme un facteur d’anémie, de démoralisation, d’appauvrissement général de sa résistance, qui n’est point pour nous déplaire, mais ne nous illusionnons plus sur la possibilité de nous garantir des méfaits du monstre par une paix de la faim qui ne serait qu’un point et virgule au contrat où nous rêvons de mettre le point définitif et final.

Or, la guerre, celle à laquelle nous fûmes contraints, ne fut jusqu’ici, pour nous, qu’un terrible champ d’expérience. Nous avons tâtonné dans des actions souvent empiriques et insuffisamment audacieuses, sans toujours développer avec ampleur les résultats obtenus. Notre héroïsme est hors de cause ; nos poilus méritent encore le qualificatif d’enfants chéris de la Victoire. Ils ont rudement pilonné et bosselé le front adverse, mais résignons-nous à penser que la vraie guerre que nous désirons ne commencera que lorsqu’ils l’auront crevé au point de s’ouvrir libre champ de bataille vers les plaines de la vallée du Rhin.

Nous reconnaissons volontiers entre alliés nos imprévoyances et notre impréparation guerrière à laquelle nous remédions chaque jour avec plus d’intensité dans le rendement industriel. Nos erreurs, nos fautes nous apparaissent et nous avons, je l’espère, la vision très nette de l’effort qui reste à faire. Il est considérable. Il suffit d’envisager la nécessité des reprises dans le Nord de la France, en Belgique, en Alsace même et là-bas, en Orient, dans la Macédoine serbe, sur le front des Carpathes et de la Pologne russe pour redevenir modestes et nous dire que pour « les avoir », comme on les aura sûrement, il y faudra du temps, encore du temps et beaucoup d’huile de patience. L’armature boche est atteinte mais encore solide et résistante. A nous d’élargir les défauts de la cuirasse, côté du cœur.

OCTAVE UZANNE

(*) Cet article devait être publié dans un recueil de chroniques par Octave Uzanne rédigées pour la Dépêche de Toulouse pendant les années 1914 à 1918. Témoin de l'arrière, Octave Uzanne a été envoyé spécial pour la Dépêche durant les années de guerre. Il a subi les périodes de censure, le silence forcé, puis la parole s'est libérée peu à peu. Nous avions projet de réunir une vingtaine de ces chroniques en un volume imprimé. Pour différentes raisons, cet ouvrage n'est plus d'actualité. Nous avons donc décidé de vous les livrer ici, dans les colonnes de ce blog qui regroupe désormais tout naturellement les écrits d'Octave Uzanne. Dans ces différentes chroniques que nous intitulerons "Chroniques de l'arrière par Octave Uzanne. 1914-1918." (titre que nous avions déjà choisi), vous pourrez dénicher nombre d'informations pertinentes et jugements intéressants. Nous nous abstiendrons volontairement de toute jugement ou toute annotation. Chacun y trouvera ce qu'il cherche ou veut bien y trouver. Le lecteur y découvrira le plus souvent un Octave Uzanne à mille lieues de l'Octave bibliophile ou écrivain. C'est ici un Octave Uzanne penseur, philosophe, citoyen du monde qu'il faut chercher. Nous publions ici les articles sans ordre chronologique. Nous avons conservé l'orthographe du journal ainsi que les néologismes utilisés.




Bertrand Hugonnard-Roche

Chroniques de l'arrière par Octave Uzanne. 1914-1918. En lisant Nietzsche – Entrons-nous dans l’Age classique de la Guerre ? – Mercredi 11 octobre 1916



En lisant Nietzsche – Entrons-nous dans l’Age classique de la Guerre ? – Mercredi 11 octobre 1916. (*)

Pendant l’orage, alors que sévit la tempête et que gronde la foudre dans l’océan des airs, lorsque l’ouragan, dans le paroxysme de son déchaînement, accumule les désastres, détruit les moissons prochaines et tyrannise la nation prostrée sous la toute-puissance des phénomènes électro-physiques, l’être humain, angoissé et vibrant, sous la pression atmosphérique, attend et espère la bienfaisante accalmie qui ramènera la sérénité céleste et l’aidera à se sentir mieux vivre et respirer dans l’ambiance d’un air nouveau, épuré et rafraîchi.
Ainsi, nous tous, ceux de l’arrière et du front, philosophes humanitaires, apôtres de la justice et du droit des peuples, nous espérons, au milieu de l’actuelle tourmente, que l’effroyable tragédie guerrière dont nous subissons et vivons les péripéties cruelles se terminera par la venue de l’arc-en-ciel harmonieux d’une concorde prolongée et réconfortante. Après tant de massacres, de deuils, de ruines, il semblerait impossible et paradoxal que la douce Paix, aux mains aseptisées, hygiéniques, fraîches et réparatrices, ne vienne point s’asseoir pour une période de longs jours au chevet des peuples exsangues, harassés et convalescents. La civilisation bouleversée, ensanglantée, déshonorée par cette folle ruée des peuples vers les champs de carnage et d’immolation, cette spécieuse civilisation dont nous avons la vanité de parer les mœurs de notre âge, doit reprendre figure honnête et noble, après cette infâme orgie sanguinaire à la fois fratricide, infanticide et parricide. Nous voulons une paix permanente et non un temps d’arrêt, un entracte, un intermède précédant d’autres jeux de scène aussi épouvantables sur le théâtre d’intrigues de l’Europe centrale. C’est pourquoi les Alliés mettent en action, avec une constance qui ne faiblira pas, toute leur artillerie de canons paragrêle. Il convient de nettoyer, d’éclaircir l’atmosphère définitivement et d’assurer la prospérité, la quiétude, le respect et l’honneur de notre continent pour une infinie période d’années. Nous pouvons nous flatter d’y parvenir, sans oublier toutefois que les régions de l’air trop brutalement brassées par les longues tempêtes, trop ébranlées par les déflagrations du tonnerre, ne reprennent pas aisément leur sérénité. Les orages se succèdent parfois par séries, les nuages se reforment vite sur un azur à peine entrevu et des combinaisons peu favorables à la vie terrestre subsistent, produisant de nouvelles décharges et fulminations qui électrisent l’oxygène et oppressent les campagnes hypnotisées.
Qui pourrait affirmer que nous ne sommes point arrivés à un mauvais carrefour de l’histoire humaine ? Qui oserait dire que nous ne venons point d’inaugurer une ère néfaste de passions effervescentes et d’intolérance internationales ? Il est dans les prophéties apocalyptiques certains passages qui nous donnent comme un frisson d’effroi. Qu’adviendra-t-il après la tourmente féroce qui nous angoisse, en nous donnant notre confiance dans des lendemains vengeurs ?
La victoire vient vers nous chaque jour avec plus d’inclination et d’abandon. Ses premiers sourires nous conduisent à un flirt en règle et à un don total dont nous ne doutons plus. Nos rivaux évincés, meurtris, épuisés demeureront-ils disciplinés à nos lois, soumis à nos conditions, résolus au travail opiniâtre auquel ils devront se livrer pour acquitter la lourde dette qui sera la rançon de leur sauvage agression ? Énigme et mystère !
Je songeais à tout cela en lisant Frédéric Nietzsche, me complaisant très fréquemment à ses études qui curieusement hostiles au néo-germanisme et à ses analyses de l’esprit et de l’âme de ses compatriotes composant, comme il dit, un peuple qui affiche des qualités qu’il n’a pas et qui ne se nomme pas impunément : Das « flusche » volk, das taeusche volk. – Le peuple qui trompe.
Dans l’édition du Gai-Savoir (la Gaya Scienza) de 1887, le philosophe du surhumain, émet une opinion de visionnaire sur les temps futurs qui sont ceux que nous vivons et il l’intitule : Notre foi en une virilisation de l’Europe ». Le chapitre est un peu brumeux, dans le style verbal de Zarathoustra, c’est-à-dire vaguement sibyllin. Il est étrange qu’aucun lecteur ne l’ait encore découvert et exhumé. Il provoque les exégètes et aide à la spéculation des hypothèses futures. Il vaut d’être publié à ces titres. Le voici :

C’est à Napoléon (et nullement à la Révolution française qui cherchait la « fraternité » entre les peuples et les universelles fusions fleuries) que nous devons de pouvoir pressentir maintenant une suite de quelques siècles guerriers, qui n’aura pas son égale dans l’Histoire, en un mot d’être entrés dans « l’âge classique de la guerre », de la guerre scientifique et en même temps populaire, de la guerre faite en grand (de par les moyens, les talents et la discipline qui y seront employés). Tous les siècles à venir jetteront sur cet âge de perfection un regard plein d’envie et de respect ; - car le mouvement national dont sortira cette gloire guerrière n’est que le contre-coup de l’effort de Napoléon et n’existerait pas sans Napoléon. C’est donc à lui que reviendra un jour l’honneur d’avoir refait un monde dans lequel l’homme, le guerrier en Europe, l’emportera, une fois de plus, sur le commerçant et le « philistin » ; peut-être même sur « la femme » cajolée par le christianisme et l’esprit enthousiaste du dix-huitième siècle, plus encore par les « idées modernes ». Napoléon, qui voyait dans les idées modernes et, en général, dans la civilisation, quelque chose comme un ennemi personnel, a prouvé par cette hostilité, qu’il était un des principaux continuateurs de la Renaissance. Il a remis en lumière toute une face du monde antique, peut-être la plus définitive, la face de granit. Et qui sait si, grâce à elle l’héroïsme antique ne finira pas par triompher du mouvement national, s’il ne se fera pas nécessairement l’héritier et le continuateur de Napoléon – de Napoléon qui voulait comme on sait, « l’Europe unie » pour qu’elle fût « la maîtresse du monde ».

Pour interpréter ce texte nietzschéen avec quelque sagacité, il est bon de se remémorer qu’il fut écrit il y a environ trente ans, à une heure où la vogue des œuvres de Stendhal était à son apogée et portait en elle l’influence intense des idées et principes de Napoléon dont l’écrivain de Par delà le Bien et le Mal fut longtemps hanté. Ce que d’autre part Nietzsche pensait professer dans cette foi en une virilisation de l’Europe, fut assurément conforme à son rêve de création phénoménale de l’Européen et d’une espèce humaine surnationale et essentiellement nomade. Dans son esprit il imagina l’état nouveau de la surnationalisation européenne sortant du monstrueux creuset des guerres renouvelées et presque permanentes au cours d’un siècle entier.
Toutes ces conceptions se synthétisaient dans sa formule : « le plus grand mal est nécessaire pour le plus grand bien du surhumain, parce que le mal est la meilleure force de l’homme. »
La prédiction de l’auteur du Crépuscule des Idoles offre un intéressant sujet de controverses pour les intellectuels épris de devinations, de prévisions ou de conjectures futuristes. Le jeu des anticipations, mis à la mode par G.-H. Wells, donne droit à chacun de réfuter les hypothèses philosophiques des maîtres. En ce qui nous concerne, nous autres, nous ne faisons le métier de guerrier, non par goût de conquêtes ni par désir ou besoin de nous surnationaliser, mais surtout pour vivre désormais loin des apothéoses du sabre aiguisé et des menaces de la poudre sèche. Ce que nous voulons atteindre c’est l’Age classique de la Paix, de la paix solidement assise sur les ruines d’un militarisme barbare, outrecuidant, bravache, follement crédule en sa mission divine. L’héroïsme antique qui revit chez nos combattants affirmera le mouvement national, plutôt que de vouloir en triompher. La guerre actuelle ne fera peut-être que de mettre en régression ces idées d’Europe unie dont Nietzsche, apôtre de la dureté, prévoyait l’accouchement par l’impitoyable forceps des surhommes. Certes, nos valeurs morales sont en hausse, mais, médiocrement imbus, à l’heure présente, des idées napoléoniennes, nous ne songeons plus à nous targuer de leurs vertus pour spéculer à la Bourse de la gloire. Nous estimons avec Proudhon que rien n’est plus inutile ici-bas que la victoire, lorsqu’elle n’assure pas l’indépendance d’un peuple. Nous ne cherchons plus d’autre conquête que celle de l’Empire tentaculaire que menace la liberté du monde.

Octave Uzanne 



(*) Cet article devait être publié dans un recueil de chroniques par Octave Uzanne rédigées pour la Dépêche de Toulouse pendant les années 1914 à 1918. Témoin de l'arrière, Octave Uzanne a été envoyé spécial pour la Dépêche durant les années de guerre. Il a subi les périodes de censure, le silence forcé, puis la parole s'est libérée peu à peu. Nous avions projet de réunir une vingtaine de ces chroniques en un volume imprimé. Pour différentes raisons, cet ouvrage n'est plus d'actualité. Nous avons donc décidé de vous les livrer ici, dans les colonnes de ce blog qui regroupe désormais tout naturellement les écrits d'Octave Uzanne. Dans ces différentes chroniques que nous intitulerons "Chroniques de l'arrière par Octave Uzanne. 1914-1918." (titre que nous avions déjà choisi), vous pourrez dénicher nombre d'informations pertinentes et jugements intéressants. Nous nous abstiendrons volontairement de toute jugement ou toute annotation. Chacun y trouvera ce qu'il cherche ou veut bien y trouver. Le lecteur y découvrira le plus souvent un Octave Uzanne à mille lieues de l'Octave bibliophile ou écrivain. C'est ici un Octave Uzanne penseur, philosophe, citoyen du monde qu'il faut chercher. Nous publions ici les articles sans ordre chronologique. Nous avons conservé l'orthographe du journal ainsi que les néologismes utilisés.

Bertrand Hugonnard-Roche

Table chronologique des Chroniques de l'arrière par Octave Uzanne 1914-1918


Table chronologique des Chroniques de l'arrière
par Octave Uzanne 1914-1918
Bagarres ménagères – Illusions d’optique – Lundi 22 mai 1916.

En lisant Nietzsche – Entrons-nous dans l’Age classique de la Guerre ? – Mercredi 11 octobre 1916.

L’année 1917 verra-t-elle la fin de la guerre ? – Jeudi 11 janvier 1917.

L’Argot-Poilu – Samedi 28 avril 1917.

L'accoutumance à la guerre - Lundi 17 septembre 1917. 

Les Rudes Gars de l’Yser.  –  Mercredi 27 février 1918.

Exemplaires remarquables. Lot 98 - UZANNE (Octave), GYP, Abel HERMANT, Henri LAVEDAN, Marcel SCHWOB. Féminies. Collection Michel Wittock VII chez Alde, Paris.



Photographie ALDE

Lot 98 - UZANNE (Octave), GYP, Abel HERMANT, Henri LAVEDAN, Marcel SCHWOB. Féminies. Huit [...]

Estimation : 4 000 € / 5 000 €

UZANNE (Octave), GYP, Abel HERMANT, Henri LAVEDAN, Marcel SCHWOB. Féminies. Huit chapitres inédits dévoués à la Femme, à l'Amour, à la Beauté. Paris, Imprimé pour les Bibliophiles contemporains, Académie des beaux livres, 1896. Grand in-8 (260 x 162 mm), maroquin rouge, large encadrement floral mosaïqué et doré composé de fleurettes bleu pâle et roses et de feuilles en deux teintes de vert, iris mosaïqué au centre des plats, jaune sur le premier, vert sur le second, enserré entre deux pièces mosaïquées recourbées, dos orné de même, encadrement intérieur reprenant le même décor mosaïqué, doublures et gardes de soie brochée à motifs floraux, doubles gardes, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, étui bordé, emboîtage de toile moderne (P. Ruban, 1898).
Édition originale.
Cette très belle publication Art Nouveau éditée par Octave Uzanne est ornée de huit frontispices de Félicien Rops gravés par Hellé, Fornet et Massé et tirées en couleurs à la poupée, d'un titre-frontispice en couleurs gravé par E. Gaujean d'après Kratké, de nombreuses vignettes en noir par Léon Rudnicki et d'encadrements végétaux du même artiste tirés en différentes couleurs à chaque page. La couverture est illustrée d'une composition en couleurs de Georges de Feure.
Tirage unique à 183 exemplaires sur japon, celui-ci nominatif, imprimé pour le collectionneur bordelais J.-Paul Clermont (n°35), avec les eaux-fortes sur vélin fort et en double état (état définitif en couleur et état en noir avec remarques).

Somptueux exemplaire dans une élégante reliure florale à décor allusif de Pétrus Ruban.
Cette superbe « reliure parlante » est en parfaite symbiose avec le texte et l’illustration de Rops qu’elle habille, le relieur ayant en effet délibérément choisi l’iris pour évoquer subtilement le sexe de la Femme qui est mise à l’honneur dans cet ouvrage collectif.
Relieur et doreur, Pétrus Ruban (1851-1929) exerça à Paris de 1879 à 1910 et se vit décerner une médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1889. Selon Octave Uzanne lui-même, « [Pétrus Ruban] trouve, déniche et prend, aussi bien dans la flore naturelle que dans l'architecture, dans le japonisme et dans l'ornithologie [...].
Il semble avoir étudié avec soin et intelligence les théories des couleurs complémentaires et sa palette est ordonnée aujourd'hui avec une très heureuse harmonie et sans discordance. »
D'après Yves Peyré, « il est l'un des plus grands relieurs de son temps, il domine avec la plus évidente des facilités tous les efforts alentour. Il établit des reliures impeccables au point de vue de l'exécution, ses rendus sont même assez envoûtants. Il se révèle d'une grande puissance d'imagination et le décor est chez lui toujours une création ».
L'exemplaire a figuré dans l'exposition Une vie, une collection (Bruxelles, 2008, n°87, ill.).

Dos très légèrement passé.
Carteret : Illustrés, IV, 348.
Fléty, 156 – Peyré, 162.

Résultat : INVENDU

vendredi 27 octobre 2017

Un artiste ! Octave Uzanne par Léon Maillard (La Plume, 15 septembre 1891).


UN ARTISTE 
________

Octave Uzanne !
Des analystes subtils qui se sont voués à la pénétration des textes imprimés, à l'éclaircissement des interprétations graphiques de la pensée humaine, aucun ne m'a tant captivé, et même, pour être franc, autant inquiété que l'auteur du Miroir du Monde, de l’Éventail, de La Française du Siècle et de tant d’œuvres où la raison le dispute à l'art dans de curieuses recherches.
Je l'ai connu, il y a quelque dix années, cet exégète, par les yeux de la pensée, grands ouverts à en devenir invisuels ; et je suivais alors ses travaux, ses critiques, ses productions plus personnelles, avec un zèle très ardent ainsi qu'il appartient à un néophyte, encore éloigné du maître, et qui ne perçoit que par fragments les éclats de son verbe éloigné.
Quel disciple il a eu en moi, jamais il n'a pu le savoir : je ne lui ai jamais dit, - Mais en raison de cet exorde vous me permettrez de parler d'Octave Uzanne en grande franchise et belle sincérité.


I

Notre siècle finissant, bousculé entre l'idéalisme de ses commencements et les bouillonnements plus physiquement exprimés de nos époques contemporaines, ne suit plus de ligne nettement marquée. - Faut-il noter ici la propension mystique qui n'est qu'un affolement sensoriel ? - Il s'est abreuvé à maintes sources d'un abord philosophique, et en a gardé une ivresse bizarre plus faite de malaises successifs que de mouvements  hardis et fantaisistes. - A ce moment sans équilibre, il a fallu des historiens ; docteurs rigoureux et rationnels, au sûr et rapide diagnostic, qui pussent scruter dans leurs moindres déchéances les perversités littéraires mais ayant assez de netteté de perception pour ne point se méprendre aux afflux de santé, caractérisés par l'effort vers l'idéal. C'est que nous allons, détraqués, sans pitié des beautés passées, sans souci de la Beauté future, vers des ivresses de phrases intrinsèques et mal nourries ; tels les anciens qui fréquentaient encore les temples alors que la Divinité leur était devenue indifférente, nous adorons les creuses idoles auxquelles nous ne croyons plus.


II

Dans ce fatras perpétuel, dans cet amoncellement du livre, dans cette bousculade du concept intellectuel, il est nécessaire pour garder son autonomie de posséder une sûreté de méthode, une variété d'acquisitions, dont sont aptes peu de critiques. Avec Uzanne, je suis toujours sans crainte, car même si le jugement doit être différentiel le sien est toujours appuyé sur les bases les plus réelles du savoir et de l'effort permanent.
Je me rappelle de lui avec cette joie profonde que l'on met à regarder, à travers le tain du Souvenir, tout ce qui a participé aux douceurs sans rivales de la puberté artistique. Et je m'étais, en ce temps, fait de lui un portrait dont les lignes se sont sans doute brunies, mais qui n'a pas bougé dans son ensemble. De la longue étude de son oeuvre diverse, il s'était dégagé une pénétrante image de Brummel littéraire, à l'allure dilettante, ouvrier impeccable de la phrase et ... travailleur acharné.
Et ma sympathie s'est accrue quand, devant des signes indéniables, j'ai constaté que l'artiste était tel, avec l'agrandissement du fictif passé dans la réalité de l'existence, que mon cerveau l'avait conçu. Je l'ai lu presque en entier et je puis causer de l'impression ineffaçable que j'en ai reçue : il est avant tout un artiste, et il est un savant en ce qu'il est un connaisseur. Ainsi que disait le grand Théophile, il a la Bosse ; et cela est pour Uzanne un manomètre infaillible ; il sent le point qu'il ne peut dépasser, mais il sait le point qu'il peut atteindre. Sa force productive est considérable et liée par une unité sans conteste. Le père des Zigzags d'un curieux n'a rien à reprendre au bibliophile du Livre, il y a de l'homme à l'homme, cette conscience et cette perfection du labeur si rares parmi les normaliens qui ont envahi la carrière des Lettres. Aucun détail technique ne lui est indifférent, parce qu'il lui est familier, et s'il voulait procéder de Balzac, en tant qu'imprimeur, il ne sortirait de ses presses que des chefs-d'oeuvre, successeurs nés des Alde et des Plantin, donnant ainsi au Tourangeau la satisfaction de se voir revivre dans un de ses rêves les plus chers.
L'homme de lettres est équivalent à l'artiste chez Uzanne, et les deux si parfaits soient-ils sont égalés par le bibliophile. Il en est certainement de plus riches ; beaucoup ont des bibliothèques plus complètes et des éditions plus rares dans leurs vitrines, mais il n'en n'est pas qui aient pénétré comme lui ce qui fait la cherté du livre, et surtout ce qui en établit la beauté harmonique. Là, son arrêt est sans appel, car c'est en lui une faculté intuitive, développée par l'étude : c'est le Génie. Qu'il s'agisse du caractère à employer pour l'édition des poètes, et il ne prendrait pas le même œil pour Baudelaire que pour Glatigny, ou de la lettre à lever pour le romancier ou le psychologue, il le dit avec netteté, avec précision. Il sait le rapport des marges avec la longueur des lignes et leur espacement, et il n'ignore point le grain et l'épair du papier à employer, qu'il soit de Hollande, du Japon, ou des vieilles fabriques de l'Isère. Il vous démontrera que l'illustration est incompatible avec tel genre littéraire, et que certain dessinateur et graveur connu n'est qu'une illustration à éviter. La reliure n'a pas de mystère pour son oeil exercé, et il marquerait d'une ligne l'espace entre Lortic et Derôme. Au résumé tout ce qui constitue l'apanage de connaissances libresques, il le possède en propre.
Cette perception si ardue de l'enveloppe n'est guère comprise que d'une élite, aussi, même près d'amateurs délicats ne porterait-elle pas avec son ampleur entière ; mais je trouve en regardant dans le portefeuille d'Uzanne des épreuves avant la lettre : - Quand l'indifférence s'exerçait à l'égard des romantiques, il fut un des patients et tenaces lutteurs qui firent observer combien cette froideur était de mauvais aloi ; et pour mieux prouver il donnait l'hospitalité à Champfleury décrié, et pourtant celui-ci ne pouvait parler de la période de 1830 que par oui-dire. Il fit valoir également l'intérêt graphique qui s'attachait aux affiches murales ... qui depuis !
Je suis resté en communion avec le lettré, l'artiste, le critique et le bibliophile : et nous somme en intelligence cérébrale avec des auteurs qu'il aime comme je les aime, plus savamment peut-être, mais non avec plus de coeur. Il a pour Barbey d'Aurevilly une large affection, et il parle de Delvau en termes qui m'émeuvent. Ce besoin de vérité qu'il se doit à lui-même il l'épanche lumineusement dans sa publication Le Livre Moderne, où chaque page recèle l'affirmation de son désir.
Avec Octave Uzanne, la littérature n'a pas à craindre les traîtrises auxquelles l'ont accoutumé ceux qu'elle a le plus choyés. Il est la sincérité permanente, et parle presque sans rancune des écrivains omnipotents qui ont oublié leurs débuts. Donc, je suis heureux d'avoir été amené à dire, encore que bien faiblement, une partie de l'estime en laquelle je le tiens.

Léon MAILLARD. (*)


(*) Ce texte quelque peu amphigouré a été imprimé dans le numéro exceptionnel de La Plume du 15 septembre 1891. Numéro paginé 307 à 328 entièrement consacré à la nouvelle revue fondée et dirigée par Octave Uzanne : Le Livre Moderne. Octave Uzanne est signalé comme Rédacteur en chef de ce Numéro. On y trouve plusieurs textes intéressants dont celui-ci par Léon Maillard, collaborateur de la la revue La Plume. Léon Maillard est l'auteur des Menus et programmes illustrés, invitations, billets de faire part, cartes d'adresse, petites estampes, du XVIIe siècle jusqu'à nos jours (1898).

mercredi 25 octobre 2017

Petits portraits. Octave Uzanne par Léon Deschamps (La Plume, 15 septembre 1891).


PETITS PORTRAITS
_________________

OCTAVE UZANNE


Léon Deschamps (1863-1899)
Portrait photographique publié dans
La Revue encyclopédique (1900).
L'artiste impeccable ; l'inquiétant sourire personnifiés. Ironie, bienveillance, ou, plus simplement, joie intérieure d'une âme consciente ? Mystère ! Sous d'admirables cheveux noirs bouclés, à travers la plus soyeuse des barbes annelées, une lumière ensorcelante brûlant en dedans, vous attirant, répandue sur ce fin visage, vous captivant lentement, insensiblement, sûrement. Et, phénomène bizarre, ce sourire qui charme et ce verbe qui captive n'ont d'effet sur les médiocres : "c'est un ours", clament les uns ; "l'être insociable !" hurlent les autres : - point, c'est l'homme supérieur vers lequel on doit monter et non la brute qui vous oblige à descendre.
Artiste ! il l'est jusqu'au bout des ongles - sans pour cela cesser d'être homme. Lettré tout autant. Friand de gourmandises littéraires, rares et curieuses. Providence des bibliophiles : sait tout, voit tout, connait tout. A toujours refusé de travailler à l'aune ; un esprit d'artiste Renaissance logé dans une cervelle de contemporain. Ses livres ? des merveilles de style, de grâce, de typographie, d'illustration, de forme et de goût, des œuvres précieuses - si en ces temps de bicyclette, d'hymne russe et de jean-foutres, les princes n'étaient palefreniers, pignoufs et mufles comme tous les autres !
Homme ? Demandez-lui ce qu'il pense du mandarinat ! Raison saine ? Ecoutez-le traiter des questions d'art : "Les uns ont des rayons dans leur atelier ou des compartiments dans leurs coffres à manuscrits ; ils tiennent, bonnetiers soigneux, l'article de vente courante et, avant de savoir, s'ils sont artisans fins, commencent par vouloir être innovateurs ; les autres se regardent le nombril, font des œuvres médiocres et croiraient déchoir s'ils nous ciselaient des boutons de porte qui n'en seraient pas moins des chefs-d'oeuvre - peut-être."
Avec ça, méprise l'argent, les bateleurs et la réclame. Aime son coin, orné de tant d'oeuvres rares : céramique, dessins, livres, vieux bois et vieux cuivres, parce qu'il s'y trouve isolé et libre de travailler à sa guise.
Bref, l'un de ceux auxquels, trois siècles après leur mort, on élève des statues !

Léon DESCHAMPS. (*)


(*) Ce court panégyrique intimiste a été imprimé dans le numéro exceptionnel de La Plume du 15 septembre 1891. Numéro paginé 307 à 328 entièrement consacré à la nouvelle revue fondée et dirigée par Octave Uzanne : Le Livre Moderne. Octave Uzanne est signalé comme Rédacteur en chef de ce Numéro. On y trouve plusieurs textes intéressants dont celui-ci par Léon Deschamps, fondateur de la la revue La Plume. Léon Deschamps mourra subitement à l'âge de 36 ans en décembre 1899.

dimanche 22 octobre 2017

Octave Uzanne vend meubles et bibelots, objets d'art et divers (30 mai 1908). "Je pense faire 9 à 10 000 dans les deux ventes – environ – sinon ça m’est égal." (extrait de lettre à son frère Joseph Uzanne).

La chambre à coucher d'Octave Uzanne
remplie de bibelots et autres ...
Quai Voltaire
[couverture du catalogue : Vente du samedi 30 mai 1908. Hôtel Drouot, salle n°1, à 2 heures précises. Exposition publique le vendredi 29 mai 1908 de 1 h 1/2 à 5 h 1/2. Objets d'art anciens et modernes, meubles et sièges, bronzes, sculptures et poteries par Carriès, Delaherche, etc. Nombreuses faïences et porcelaines, objets divers, fers forgés, cuivres, tapis d'orient, appartenant à M. Octave Uzanne. Commissaire-Priseur Me André Couturier, 56 rue de la Victoire. Experts, MM. Paulme et B. Lasquin fils, 10, rue Chauchat et 12, rue Laffite, Paris.]. (*)

[page de titre du catalogue : Catalogue des meubles et sièges anciens et modernes, faïences et porcelaines de Delft, Rouen, Strasbourg, Italie, Japon, Chine, Hispano-Mauresque, Tanjore, etc. Grès flammés par Carriès, Delaherche, Chapelet. Sculptures, Terres cuites et Plâtres par Chéret, C. Meunier, Bullier, Colonna, Carrier-Belleuse, Volgren, Gilbert. Important buste en plâtre patiné par Carriès. Bronzes, Fers forgés. Armes orientales, Collection  de gardes de 130 sabres japonais. Cuivres, Glaces, Bois sculptés, objets divers. Étoffes et Tapis d'Orient. Le tout appartenant à M. Octave Uzanne. Etc.

[conditions de la vente : Elle se fera au comptant. Les adjudicataires paieront dix pour cent en sus des enchères.].

Désignation

FAÏENCES ET PORCELAINES. POTERIES, GRÈS FLAMMÉS.

1. - Deux consoles-supports-appliques en faïence décorée.

2. - Grand broc à anse en ancienne faïence de Marseille, avec couvercle en étain.

3. - Environ cent assiettes en ancienne faïence et porcelaine de Delft, Rouen, Strasbourg, Rhodes, Japon, etc., décors bleus et polychromes. (sera divisé.)

4. - Assiette à oeuf et une fromagère en acienne faïence italienne et de Rouen.

5. - Potiche, de forme octogonale, en ancenne faïence de Delft, décorée de corbeilles de fleurs en bleu.

6. - Deux potiches, de forme octogone, en ancienne faïence de Delft, décorées d'oiseaux et fleurs en bleu.

7. - Paire de vases-cornet à col évasé en ancienne faïence de Delft, fond bleu à réserves rondes fond blanc,  décorées de fleurs en bleu.

8. - Potiche en ancienne faïence de Delft, décor à réserves sur fond bleu marbré.

9. - Environ dix plats en ancienne faïence de Delft, décors polychromes et bleus. (Sera divisé.)

10. - Quatre petits cornets en ancienne faïence de Delft, décor bleu.

11. - Deux petites potiches en ancienne faïence de Delft, décor vermicellé bleu.

12. - Cornet en ancienne faïence de Delft polychrome.

13. - Légumier couvert en ancienne faïence de Delft, décor bleu.

14. - Paire de potiches couvertes en ancienne faïence de Delft, décorées de pivoines en bleu.

15. - Deux saladiers en ancienne faïence du Midi.

16. - Dessous de plat en ancienne faïence de Moustiers, décor de fleurs en couleur.

17. - Pichet en ancienne faïence.

18. - Paire de cornets en ancienne faïence, décorées de fleurs, base palmée.

19. - Quatorze soucoupes en ancienne faïence de Delft et porcelaine de la Compagnie des
Indes.

20. - Bol en faïence de Perse polychrome.

21. - Cache-pot en ancienne faïence de Nevers, décor bleu.

22. - Vase de pharmacie en ancienne faïence de Nevers, décoré d'un cartouche entouré de
serpents.

Le vestibule d'Octave Uzanne
rempli de bibelots et autres ...
Quai Voltaire
 23. - Deux lions couchés en ancienne faïence de Nevers, décor polychrome.

24. - Plat, deux assiettes et compotier en faïence de Rouen, Delft et Strasbourg.

25. - Soupière couverte en ancienne faïence de Rouen, décor bleu.

26. - Jardinière ovale en ancienne faïence de Strasbourg, décor chinois en couleur.

27. - Petite soupière couverte en ancienne faïence de Moustiers, décor polychrome.

28. - Soupière couverte en ancienne faïence de Strasbourg, décorée de roses et tulipes en
couleurs.

29. - Deux pichets en ancienne faïence de Rouen, décor polychrome.

30. - Douze plats en ancienne faïence de Rouen et Moustiers.

31. - Sept vases de pharmacie en ancienne faïence italienne.


32. - Un plateau et un plat en ancienne faïence italienne.

33. - Salière en ancienne faïence blanche.

34. - Quatre plats en ancienne faïence italienne de Metelupo, décor de personnages.

35. - Deux pots à pharmacie en ancienne faïence italienne avec inscriptions : herbes cuites et
moutarde.

36. - Saucière en forme de dauphin en ancienne faïence italienne.

37. - Deux plats et un bol en porcelaine du Japon, décor polychrome.

38. - Tête de cerf en porcelaine, fabrique impériale du Japon, décor bleu.

39. - Potiche en ancienne porcelaine du Japon, décorée de branches de pommier fleuries.

40. - Trois grands cache-pot en céladon craquelé du Japon.

 41. - Petite potiche en porcelaine de Chine, décorée de fleurs de pêcher sur fond bleu marbré. Socle en bois de fer.

42. - Bouddha en grès japonais avec robe rouge.

43. - Cache-pot en grès blanc du Japon.

44. - Vase en céladon du Japon, décoré de chrysanthèmes en couleur sur fond jaune.

45. - Petite potiche couverte en ancienne porcelaine du Japon, décor polychrome.

46. - Chimère en grès du Japon, polychrome.

47. - Grand vase en faïence de Tanjore, décoré en deux tons bleu sur blanc.

48. - Bouteille à grosse panse en faïence indienne (Bombay).

49. - Six vases en poterie de Tunisie.

50. - Paire de potiches en faïence du Maroc, décor polychrome.

51. - Plat en ancienne faïence hispano-mauresque à reflets métalliques, décoré d'un lion à tête de femme.

52. - Cornet en ancienne faïence hispano-mauresque, décoré d'un lion et feuillages.

53. - Deux vases en faïence flambée du golfe de Juan, à reflets métalliques, par CLÉMENT
MASSIER.

54. - Bouteille en faïence, genre Delft ; un cornet, faïence flamande ; trois pichets, genre
Gien et Strasbourg; deux vases, faïence flambée, et un canard en faïence décorée.

55. - Flambeau en faïence verte; une bouteille et un grès patiné, figure de monstre.

56. - Deux cache-pot en grès flammé grand feu, exécutés dans les ateliers de Carriès, par
HOENSCHEL, sur la composition d'Octave Uzanne.

57. - Petit pot en ancien grès allemand.

58. - Petit vase en grès flambé de CARRIÈS.

59. - Grand vase en grès flammé de A. DELAHERCHE, décor à vannes et grandes coulées
bleues.

60. Grand vase de A. DELAHERCHE en grès flammé, coulées vert pâle sur fond blanc craquelé, col et base à lambrequins verts.

61. - Deux vases de DELAHERCHE en grès flambé.

62. Quatre petits vases en grès flambé de CARRIÈS, CHAPELET et DELAHERCHE.


SCULPTURES ANCIENNES

ET MODERNES

TERRES CUITES, PLÂTRES


63. - Superbe buste : Le Guerrier, en plâtre patiné, par CARRIÈS.

64. - Juin. Statuette en plâtre patiné, par CONSTANTIN MEUNIER.

65. - Le Mineur. Statuette en plâtre oxydé, par CONSTANTIN MEUNIER.

66. - Buste d'Eugène Delacroix. Esquisse en terre cuite, par BULLIER, 1868.

67. - Le Liseur. Terre cuite patinée, par COLONNA.

68. - Plaque en terre cuite, d'après CLODION.

69. - Buste d'Albert Durer, en terre cuite, par CARRIER-BELLEUSE.

70. - Les Arts du jeu. Plaquette en plâtre patiné, par Mme WALLGREN.

71. - Deux bustes en terre cuite, avec belle natine/ de Jean qui rit et Jean qui pleure.

72. - Statuette d'Arlequin, en terre cuite patinée, d'après SAINT-MARCEAU.

73. - Huit médaillons en plâtre teinté : Portraits de littérateurs.

74. - Vase en terre cuite, décor de bacchantes en relief, par CHÉRET.

75. - Lot de plâtres : Chanteur florentin, Amour malade, Faune, etc.

76. - Le Poète Gilbert, terre cuite originale patinée. XVIIIe siècle.


BRONZES, PENDULES

FERS FORGÉS


77. - Pendule en bronze ciselé, à branchages et rocailles, surmontée d'un amour et base avec attributs. Style Louis XV.

78. - Encrier en bronze patiné. Italie, XVIe siècle.

79. - Chimère en bronze patiné du Japon.

80. - Dessous de fer à repasser en bronze ciselé ajouré ; motif de corbeille de fleurs avec chiffres XVIIIe siècle.

81. - Paire de flambeaux en bronze, cire perdue.

82. - Buste d'Armand Silvestre en bronze patiné, par CYPRIEN GODEBSKY.

83. - Médaillon de Victor Hugo en plâtre patiné, par DAVID D'ANGERS.

84. - Petit buste de Molière, bronze patiné. Édition Barbedienne. [vendu 320 euros hors frais Paris, Drouot, 20 octobre 2017].

85. - Deux flambeaux en bronze doré. Époque Louis XIV.

La bibliothèque d'Octave Uzanne
remplie de livres ... et de bibelots
Quai Voltaire


86. - Paire de flambeaux en bronze doré. Époque Louis XV.

87. - Paire d'appliques à deux lumières en bronze. Style Louis XV.

88. - Coffret en fer ciselé.

89. - Grille devant-de-feu en fer forgé et contourné du XVIe siècle. Haut., 47 cent.; larg., 1 mètre et 40 cent. sur chaque côté mobile.

90. - Support en fer forgé, base formée de feuilles palmées.

91. - Branchage de rosier fleuri en fer forgé.

92. - Flambeau porte-cierge en fer forgé.

93. - Glaïeul en fer forgé, formant un flambeau électrique. Travail de HERBAY, forgeron belge.

94. - Bougeoir et flambeau en fer forgé.

95. - Flambeau en fer forgé, par ROBERT.

96. - Deux flambeaux en fer forgé, décorés de têtes de poissons.

97. - Deux petits porte-bouquets en fer forgé.

98. - Deux appliques en fer forgé et repoussé, à têtes de guerriers.


CUIVRES, GLACES, BOIS SCULPTÉ

ARMES

GARDES DE SABRES JAPONAIS
OBJETS DIVERS


99. Paire de flambeaux d'église flamands en cuivre repoussé à trois lumières.

100. Lot de flambeaux-appliques, objets en cuivre, petit gong, petit miroir avec cadre ajouré, etc.

101. - Paire d'appliques et flambeaux en cuivre. Style Louis XIV.

102. - Lot d'objets divers en cuivre repoussé, applique à écusson, à aigles, etc.

103. - Plat creux en cuivre repoussé, fleurs et fruits au centre.

104. - Deux plats, cuivre repoussé à godrons.

105. - Deux petits plats, cuivre repoussé à armoiries et buste de Rembrandt.

106. - Seau en cuivre repoussé du XVIIe siècle.

107. - Lampe juive en cuivre.

108. - Glace avec cadre en bois sculpté doré. Époque Régence.

109. - Petite glace, cadre bois sculpté. Époque Louis XIV.

110. - Glace avec cadre Louis XVI en bois sculpté doré.

111. - Glace étroite en bois sculpté doré. Louis XV.

112. - Glace Louis XIV en bois sculpté doré, à fronton formé d'une corbeille de fleurs.

113. - Petit miroir, cadre bois sculpté à fronton à corbeille fleurie. Époque Louis XVI.

114. - Christ assis en bois sculpté de l'École allemande du XVIe siècle, et statuette de Saint
Guérec en bois fruste de Bretagne.

115. - Deux lions héraldiques en bois sculpté et vernissé à la vénitienne, travail du XVIe siècle, vénitien, et une console en bois sculpté également de Venise (XVIe siècle).

116. - Petit temple à colonnades en bois sculpté et doré.

117. - Cadre en bois sculpté, à feuillages.

118. - Lot d'armes orientales et du Japon, environ quinze pièces. (Sera divisé.)

119. - Lot de masques japonais, environ cinquante pièces. (Sera divisé.)

120. - Lot de panneaux japonais en bois sculpté laqué, incrusté de nacre et ivoire.

121. - Collection de cent trente gardes de sabres japonais ; curieux travail de niellure sur fer en or, argent et cuivre. (Sera divisé.)

122. - Plat et bouclier en reproduction galvano-plastique.

123. - Buste de Laurent de Médicis en composition patinée.

124. - Pichet, deux assiettes et deux flambeaux en étain du XVIIIe siècle.


MEUBLES ET SIÈGES

ANCIENS ET MODERNES


125. - Grande commode, style tombeau, origine italienne, en bois naturel sculpté, à deux tiroirs ; dessus de marbre bleu-turquin. Époque Louis XV.

126. - Cabinet en marqueterie de bois et cuivre, à cinq tiroirs. Époque Louis XIII.

127. - Table en chêne, à pieds creux ; le dessus se soulève, formant quatre étagères.

128. - Petite table Louis XIII en noyer sculpté.

129. - Petite table basse en noyer. Époque Louis XIII.

130. - Petite table en bois de placage, à trois tiroirs. Époque Louis XVI.

131. - Petite table en bois naturel, à deux tablettes d'entrejambe cannées. Époque Louis XVI.

132. - Buffet à deux corps en chêne sculpté, ouvrant à deux portes, la partie supérieure formant dressoir. Style Renaissance.

133. - Régulateur en marqueterie de bois de palissandre, richement orné de bronze ciselé.
Style Régence.

 134. - Paire d'encoignures à deux portes, de forme contournée, en marqueterie de bois de
rose et violette, ornées de bronzes ; dessus de marbre rouge. Style Louis XV.

135. - Étagère d'encoignure en bois peint au vernis, fond vert; fleurs et attributs champêtres en camaïeu rose.

136. - Crédence à panneaux anciens gothiques, à deux corps, en chêne sculpté ciré.

137. - Table Louis XIII à pieds tournés en bois, deux tons à pendentifs.

138. - Deux chaises en bois sculpté et canné, de modèles différents. Époque Louis XV.

139. - Fauteuil de bureau en bois peint vert, canné. Époque Directoire.

140. - Fauteuil Louis XIII en bois tourné, couvert en velours de Gênes.

141. - Chaise en bois naturel, paillée. Époque Louis XVI.

142. - Deux fauteuils confortables de bureau en cuir rouge.


ÉTOFFES, TAPIS D'ORIENT


143. - Panneau d'étoffe brodée de soie, fleurs et feuillages en couleur. Travail oriental. Haut., 2 m. 75 cent.; larg., 1 m. 60 cent. environ.

144. - Costume arabe, composé d'un manteau de laine blanche brodée, bottes en maroquin rouge, un sac en cuir sénégalais.

145. - Lot d'étoffes orientales anciennes. (Sera divisé.)

146. - Lot de fragments d'étoffes et portières en Karamanie.

147. - Deux petits carrés de Choumak vieux rose, bordures bleues. Long., 55 cent. ; larg., 55 cent.

148. - Carpette de Schumack, décor jaune, bleu et blanc, sur fond rouge. Long., 2 m. 80 cent. ; larg., 1 m. 60 cent.

149. - Autre carpette, bordure fond noir. Long., 3 m. 5 cent. ; larg., 1 m. 55 cent.

150. - Grande carpette persane, dessins réguliers, polychrome sur fond gros-bleu. Long., 4 m. 80 cent. ; larg., 2 m. 25 cent.

151. - Petit tapis de prière, moquette de Turquie, fond vert, à dessins verts, bleus et jaunes.

152. - Carpette de Schumack, fond rouge et bordures blanches. Long., 2 m. 50 cent. ; larg., 1 m. 40 cent.

153. - Vieux tapis de Schumack. Long., 2 mètres ; larg., 1 m. 45 cent.

154. - Grande galerie Daghestan à dessins réguliers polychromes sur fond bleu. Long., 5 m. 80 cent. ; larg., 93 cent.

155. - Grande galerie Daghestan, décor d'arabesques blancs sur fond bleu. Long., 5 m. 65 cent. ; larg., 70 cent.

156. - Galerie Daghestan, à grandes bandes bleues, rouges, blanches et vertes. Long., 2 m. 40 cent. ; larg., 1 m. 10 cent.

157. - Galerie Daghestan. Long., 2 m. 40 cent. ; larg., 80 cent.

158. - Galerie Daghestan. Long., 2 m. 10 cent. ; larg., 95 cent.

159. - Objets omis au catalogue.

[fin du catalogue imprimé].

(*) le même jour à la même heure, salle n°9 de l'Hôtel Drouot à Paris, était dispersée la collection d'estampes et de dessins du même Octave Uzanne. Nous en avons rendu compte dans deux articles que vous pouvez retrouver sur notre site. Nous ne savons pas le montant total des adjudications pour cette vente. Octave Uzanne en attendant quelques milliers de francs pour pouvoir lui faire une rente confortable sur plusieurs années.

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...