lundi 4 février 2019

Bernard-Henry Gausseron (1845-1913), homme de lettres, professeur, traducteur, sociologue, critique d’art et bibliographe Par Jean-Paul Fontaine (Blog Histoire de la Bibliophilie).



Descendant d’une famille d’artisans originaire de Chantenay-Villedieu, dans la province du Maine et aujourd’hui dans le département de la Sarthe, installée à Toulouse [Haute-Garonne] avant la Révolution, puis dans le département des Deux-Sèvres, dans la province du Poitou, en 1819, Bernard-Marie-Henry Gausseron est né le 20 octobre 1845 à La Mothe-Saint-Héray, au domicile de ses grands-parents maternels, fils de Jean-Bernard Gausseron (1821-1896), employé des contributions indirectes, et de Marie-Delphine Richard (1822-1887), qui demeuraient à Sauzé-Vaussais.


Par sa mère, Bernard-Henry Gausseron était apparenté à Jules-François Richard (1810-1868), député des Deux-Sèvres en 1848-1849 et maire de La Mothe-Saint-Héray de 1866 à 1868. Sa grand-mère était une Jard-Bourdinière, de la famille de Louis-Alexandre Jard-Panvillier (1757-1822), qui fut député des Deux-Sèvres de 1791 à 1799 et de 1815 à 1822.

Lycée de La Roche-sur-Yon

Gausseron fit ses études comme élève interne au lycée impérial de Napoléon-Vendée, place Napoléon [aujourd’hui collège Édouard Herriot, La Roche-sur-Yon, Vendée], où il manifesta de grandes dispositions littéraires et où il fut encouragé par un de ses maîtres, le poète François-Étienne Adam (1833-1900), et le proviseur Louis Ayma (1807-1893). Dès juin 1864, Gausseron dédia une Ode (Napoléon, Imprimerie Ve Ivonnet, 1864, in-8) au ministre Victor Duruy, à l’occasion de l’Institution des concours académiques.


Ayant obtenu son baccalauréat ès lettres en 1864, il passa deux ans à Paris, au lycée impérial Napoléon [lycée Henri IV, 23 rue Clovis, Ve], qui préparait en particulier aux concours littéraires. En mars 1866, il envoya à son ancien proviseur une Ode, qui fut publiée dans le Guide des baigneurs et des touristes aux Sables-d’Olonne (Napoléon-Vendée, Imprimerie Ve Ivonnet, 1866). Au lieu de se présenter à l’École normale supérieure, Gausseron entra directement dans l’Université.

Il fut nommé, le 17 novembre 1865, aspirant répétiteur auxiliaire audit lycée Napoléon. Devenu aspirant répétiteur au lycée impérial de Pau [Pyrénées-Atlantiques], dirigé alors par Louis Ayma, il fut nommé, le 13 février 1868, maître répétiteur pour l’enseignement secondaire spécial audit lycée, puis, le 15 septembre 1868, professeur de rhétorique au collège de Foix [Ariège], où Louis Ayma avait été nommé inspecteur d’Académie.

Gausseron revint à Paris dès 1868. Tandis qu’il donnait des leçons à l’Institution Lelarge, 20 rue Gay-Lussac [Ve], il participa, avec le caricaturiste Hector Colomb (1849-1909), dit « Moloch », à la fondation d’un petit journal dirigé contre l’Empire, intitulé La Fronde. Ce fut à cette époque qu’il fit imprimer Les Fils de Kaïn, poëme (Paris, Chez tous les libraires et chez l’auteur, 35 rue Laharpe, 1870, in-12).

Mobile de 1870 en armes

Pendant la guerre de 1870, Gausseron fit son devoir sous les murs de Paris comme sergent, puis comme sous-lieutenant au 1er bataillon des mobiles de la Vendée.


Le soulèvement du 18 mars 1871 marqua le début de la Commune. Ayant des sympathies pour les insurgés, Gausseron fut nommé commissaire de police du quartier de la Sorbonne [Ve], puis, le 25 floréal 79 [15 mai 1871], juge d’instruction attaché au parquet du procureur. Compromis dans le soulèvement – mais rien n’autorise à dire qu’il y participa comme combattant -, il se réfugia en Belgique, d’où il passa en Grande-Bretagne. 

2 Bath Place, Ayr (juin 2018)

Après avoir été professeur à Londres, puis marchand de livres anciens en Écosse, à Édimbourg et à Glasgow, il devint professeur de langues modernes à l’Ayr Academy, prestigieuse école secondaire d’Ayr [Écosse], y demeurant 2 Bath Place. En même temps, il envoyait des articles à L’Émancipation de Toulouse, collaborait à la 9e édition de l’Encyclopædia Britannica et devenait correspondant du journal Notes and Queries.

Entre temps, le 30 décembre 1872, il avait été condamné par contumace à la déportation dans une enceinte fortifiée, par le 17e Conseil de guerre. Figurant parmi les 33 signataires du manifeste du groupe « La Commune révolutionnaire », intitulé Aux Communeux, publié à Londres en juin 1874, il écrivit, le 26 mai 1879 :

« J’étais ici, à Ayr, quand ce manifeste a paru. Je suis absolument étranger à son inspiration et à sa rédaction. Je n’en ai même eu connaissance qu’après qu’il eut été imprimé et publié. Peu de temps après, j’ai cru devoir me retirer formellement, par voie de démission écrite, du groupe au nom duquel ce manifeste a paru, et je me suis, depuis lors, tenu isolé, toujours et complètement, dans la petite ville d’Écosse où je suis encore et où j’ai pu me faire une situation honorable et honorée. »

Blanquiste repenti, il fut gracié le 5 juin 1879 et put rentrer en France. Il retrouva une chaire de lettres et d’histoire à l’Institution Lelarge et épousa à Paris [IXe], le 3 août 1880, Louise-Berthe-Marguerite Béguin, née à Paris le 26 avril 1856, fille de Alexandre-Charles Béguin (1827-1907), professeur de mathématiques à l’École Turgot, et de Louise-Frédérique Cohen (1831-1916), professeur de piano. Ils eurent quatre enfants : Jean-René Gausseron, le 21 août 1881, et Renée-Jeanne-Marie-Marcelle Gausseron, le 17 février 1884, 7 rue Berthollet [Ve] ; Marcel-Henri-Jean-Louis Gausseron, le 26 décembre 1891, et Bernard-François-Jacques Gausseron, le 21 janvier 1894, 55 bis rue de l’Assomption [XVIe, détruit].

Utilisant la connaissance de la langue anglaise que son long séjour lui avait permis d’acquérir, il passa avec succès les examens du certificat d’aptitude à l’enseignement des langues vivantes et fut nommé, dès 1881, chargé de cours d’anglais au lycée de Lons-le-Saunier [Jura].


L’année suivante, il fut reçu agrégé d’anglais et nommé professeur d’anglais, successivement au lycée de Toulouse en 1882, au lycée de Rouen [Seine-Maritime] en 1884 et au lycée Janson-de-Sailly, 106 rue de la Pompe [XVIe] en 1885.

Bernard-Henry Gausseron 

« Ecrivain de haute valeur, chez qui l’originalité et la force s’allient à une érudition aussi solide qu’étendue, B.-H. Gausseron a donné des articles et des études sur une grande variété de sujets à beaucoup de publications périodiques, la Revue des chefs-d’œuvre, la Revue générale, le Livre moderne, l’Art et l’idée [sic], le Courrier du Livre, la Revue hebdomadaire, le Monde moderne, la Revue encyclopédique et la Revue universelle, où il fit longtemps la critique littéraire, la Grande Revue pour laquelle il a écrit (1906) des pages remarquables intitulées : Notes d’un Poitevin sur le Poitou, où éclatent son amour et son intelligence de la petite patrie ; la Revue de l’Enseignement des Langues vivantes, l’Ouest artistique et littéraire, la Revue des Poètes, la Famille, etc., etc.
En 1891, il rédigea, sous le titre de Bibliographie instructive, un petit manuel du bibliophile et du libraire, qui paraissait tous les quinze jours chez l’éditeur Rouveyre.
Il a collaboré activement à la Grande Encyclopédie pendant que Ladmirault en était l’éditeur, et plus tard au Nouveau Larousse illustré.
Il fut jusqu’à la fin secrétaire de la rédaction du Livre, magnifique publication qui reste unique en son genre, fondée et dirigée pendant dix ans par Octave Uzanne ; du Bulletin de la Société des Bibliophiles contemporains et de l’Echo de la Semaine qu’il avait acheté en commun avec M. Edouard Petit à la liquidation Dentu (1894). »
(Dictionnaire biographique et Album des Deux-Sèvres. Paris, Librairie E. Flammarion, s. d., p. 203-204)

On peut diviser en trois catégories les œuvres en librairie de Gausseron, à peu près introuvables pour la plupart.

1°- livres d’enseignement.

A short history of England, by miss Julia Corner, texte anglais, avec des notes en français par Bernard-H. Gausseron (Paris, P. Dupont, 1884, in-18).

Morceaux choisis d’auteurs anglais. Par B.-H. Gausseron (Paris, Librairies-imprimeries réunies, s. d. [1892], in-16, portr.). 

Le Thème anglais aux examens de baccalauréat de l’enseignement secondaire moderne et aux concours d’admission aux écoles spéciales, par B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université, professeur au lycée Jeanson-de-Sailly (Paris, Nony, 1895, in-8).

La Version anglaise aux examens du baccalauréat de l’enseignement secondaire moderne et aux différents concours, par B.-H. Gausseron (Paris, Nony, 1899, in-8). 

Dictionnaire de poche et de voyage Français-Anglais et Anglais-Français […], par B.-H. Gausseron, Professeur agrégé d’Anglais (Paris, Paul Ollendorff, 1911, in-12).

2°- Traductions et adaptations.


Les Fidèles Ronins. Roman historique japonais, par Tamenaga Shounsoui. Traduit sur la version anglaise de MM. Shiouichiro Saito et Edward Greey, par B.-H. Gausseron, Professeur de l’Université. Illustré par Kei-Sai Yei-Sen, de Yédo, (Paris, A. Quantin, 1882, in-8, 64 pl. h.-t.).

Bernard H. Gausseron. Le Corbeau. Poème imité d’Edgar Allan Poë (Paris, A. Quantin, 1882, in-8).


Jonathan Swift. Voyages de Gulliver. Traduction nouvelle et complète par B.-H. Gausseron (Paris, A. Quantin, s. d. [1884], gr. in-8, fig. en noir et en coul.).

Jonathan Swift. Voyages de Gulliver. Traduction nouvelle pour la jeunesse par B.-H. Gausseron (Paris, A. Quantin, s. d. [1885], gr. in-8, fig. en noir et en coul.).


Oliver Goldsmith. Le Vicaire de Wakefield. Traduction nouvelle et complète, par B.-H. Gausseron (Paris, A. Quantin, s. d. [1885], gr. in-8, fig. en coul.).


Lady Roxana ou l’Heureuse Maitresse, par Daniel Defoe. Édition illustrée de magnifiques gravures hors texte par les meilleurs artistes. Traduit de l’anglais par M. B.-H.-G. de Saint-Heraye [sic] (Paris, Librairie générale illustrée, 1885, in-8, pl.).

Photographie Pierre Brillard

La Dernière Feuille. Poëme par Oliver Wendell Holmes (Paris, Maison Quantin, 1887, in-fol., 21 pl. h.-t.). Traduction de B.-H. Gausseron.

Lady M. Majendie. Sur la piste. Traduit de l’anglais par B.-H. Gausseron Et illustré de nombreux dessins (Paris, Maison Quantin, 1887, in-16, fig.).

William Black. Sabina Zembra. Traduit de l’anglais par B.-H. Gausseron Et illustré de nombreux dessins (Paris, Maison Quantin, 1888, 2 vol. in-16, fig.).

Gainsborough et sa place dans l’école anglaise. Par Sir Walter Armstrong […]. Traduction de B.-H. Gausseron (Paris, Hachette et Cie, 1899, in-fol., 62 héliogravures, 10 lithographies en couleurs).


Sir Joshua Reynolds […]. Par Sir Walter Armstrong […]. Traduit par B.-H. Gausseron (Paris, Hachette et Cie, 1901, in-fol., 78 photogravures et 6 lith. en coul.). 

Sir Henry Raeburn […]. Traduit par B.-H. Gausseron (Paris, Hachette et Cie, 1902, in-fol., 61 photogravures h.-t. et 16 dans le texte). 


Lectures littéraires. Pages choisies des Grands Écrivains. Dickens. Traduction nouvelle et Introduction par B.-H. Gausseron (Paris, Armand Colin, 1903, in-16).

William Hogarth, par Austin Dobson […]. Traduit par B.-H. Gausseron (Paris, Hachette et Cie, 1904, in-fol.).

B.-H. Gausseron. La Clémence du cardinal, roman tiré de l’anglais de Stanley J. Weyman (Paris, J. Tallandier, 1904, in-18). 


Histoire de la coca. La plante divine des Incas, par le Docteur W. Golden Mortimer […]. Traduction de la deuxième édition (1902) par H.-B. Gausseron (Paris, A. Maloine, 1904, in-8, front. et fig).

Une jeune Anglaise à Paris. Traduit de l’anglais de Miss Constance E. Maud, par B.-H. Gausseron (Paris, A. Hatier, 1905, in-18).

Du 3 août au 12 octobre 1906, le Journal des débats politiques et littéraires a publié en feuilleton une adaptation par B.-H. Gausseron du roman de Stanley J. Weyman A gentleman of France, sous le titre « Au Temps de la Ligue ».



Dans la collection « Les Livres roses pour la jeunesse. Collection Stead. » :

« M. W. T. STEAD, éditeur-propriétaire des “ Books for the Bairns ”, à Londres, et de la Collection Stead, rue Soufflot, à Paris, a l’honneur d’informer le public que, par suite d’un traité passé avec MM. les Directeurs de la LIBRAIRIE LAROUSSE, 13-17, rue Montparnasse, à Paris, cette Collection populaire sera publiée à l’avenir par les soins de la Librairie Larousse, cette maison ayant aussi le droit exclusif de vendre en France la Collection anglaise publiée à Londres, sous le titre de “ Books for the Bairns ” [Livres pour les jeunes enfants] et “ Poets.” »

-          Les Mauvais Tours de Goupil le Renard. Adaptation par B. H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 58 grav., n° 25).
-          Le Sapin merveilleux et autres contes d’hiver et de printemps. D’après Hans Andersen. Adaptation de M. B. H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 58 grav., n° 26).
-          Les Cygnes sauvages et autres contes de fées. D’après Hans Andersen. Adaptation française par B. H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 26 grav., n° 27).
-          Les Aventures du Baron de Munchhausen. Extraites de la relation certifiée authentique par Gulliver, Sindbad et Aladin. Adaptation de M. B. H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 58 grav., n° 28).
-          Aventures d’Alice au Pays des Merveilles. Par Lewis Carroll. Adaptation française par B. H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], 2 vol. in-16, 31 et 25 grav., nos 31 et 32).
-          Les Aventures de Robinson Crusoé. D’après le texte original de Daniel Defoé. Adaptation de B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], 2 vol. in-16, 52 et 56 grav., nos 33 et 34).
-          La Maison dans la forêt et autres Contes de Fées. Par les Frères Grimm. Adaptation française par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 34 grav., n° 35).
-           La Vie à la campagne. Scènes anecdotiques écrites pour les enfants. Adaptation française par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 53 grav., n° 38).
-           Le Chef des géants ou le Brave Prince Kilhiough et la Belle Princesse Olwen. Conte du temps du Roi Arthur. Adaptation par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 33 grav., n° 39).
-          Les Merveilleuses Aventures du Vieux Frère Lapin. Adaptation française par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 58 grav., n° 40).
-          La Vie des insectes en dix récits ou le Premier Livre d’Histoire Naturelle. Adaptation par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 35 grav., n° 42).
-          Le Roi des cygnes et autres Contes de Fées. Adaptation française par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 25 grav., n° 43).
-           Les Merveilleuses Aventures de Don Quichotte de la Manche. Adaptation pour les enfants par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 42 et 39 grav., nos 44 et 45).
-           Tom pouce et ses Merveilleuses Aventures. Adaptation par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 45 grav., n° 47).
-          Histoire d’Ondine. Adaptation par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1910], in-16, 25 grav., n° 48).
-          Le Prince joueur suivi de cinq Contes champêtres. Adaptation par M. B.-H. Gausseron, Agrégé de l’Université (Paris, Larousse, s. d. [1911], in-16, 23 grav., n° 60).


Claude Duval ou Au temps des puritains d’Angleterre (Paris, A. Eichler, s. d. [1911], 50 fascicules in-8). Roman historique, d’après Charlton Lea [pseudo. de Alfred-Sherrington Burrage (1850-1906)], traduit par B.-H. Gausseron.

3°- Ouvrages originaux.   


Une série en 6 volumes de livres d’éducation et de morale, publiés anonymement d’abord, puis avec le nom de l’auteur et sous le titre collectif La Vie en famille (Paris, Librairie illustrée, s. d., in-18) : Que faire de nos filles ? - Doit-on se marier ? - Comment élever nos enfants ? - Que feront nos garçons ? - Comment vivre à deux ? - Où est le bonheur ?

Mémoires du comte de Grammont, par Antoine Hamilton […]. Préface de H. Gausseron (Paris, L. Conquet, 1888, in-4, portrait, 33 fig.). 

B.-H. Gausseron. « Les Keepsakes et annuaires illustrés de l’époque romantique en Angleterre et en France ». In Annales littéraires. Paris, Académie des beaux-livres, novembre 1890, p. 201-251. Gausseron fut le premier bibliographe des keepsakes : livres-albums illustrés que l’on offrait à Noël et au Jour de l’an, dont la mode s’est répandue en France de 1825 à 1860.   

Bibliographie instructive. Petit manuel du bibliophile et du libraire, donnant la valeur actuelle des livres anciens ou modernes recherchés et appréciés […], rédigé par B.-H. Gausseron (Paris, 76 rue de Seine [Édouard Rouveyre], 1891, in-12, Nos 1-3).



Académie des Beaux-Livres. Balades dans Paris. Au moulin de la Galette, à l’hôtel Drouot, sur les quais, au Luxembourg. Notes inédites par MM. E. R., Paul Eudel, B.-H. Gausseron et Adolphe Retté (Paris, Bibliophiles contemporains, 1894, in-4). Gausseron fut parmi les membres fondateurs, en 1889, de la Société des Bibliophiles contemporains.


B.-H. Gausseron. Les Keepsakes et les Annuaires illustré de l’Époque Romantique. Essai de bibliographie (Paris, Auguste Fontaine, Émile Rondeau, successeur, 1896, in-8).


Edmond de Chaillac. Mes nerfs. Sensibleries & boutades. Poésies. Préface de B.-H. Gausseron (Paris, Paul Ollendorff, 1897, in-18). 

L’Art romain. Par B.-H. Gausseron (Paris, L.-H. May, s. d. [1898], in-16). 


Collection du bibliophile parisien. Bouquiniana. Notes et Notules d’un Bibliologue, par B.-H. Gausseron (Paris, H. Daragon, 1901, in-12).

La Santé par la mer. Berck-Plage, par B.-H. Gausseron (Paris, Larousse, 1902, in-8, 17 fig.).

F.-E. Adam. Après la moisson, 1857-1900, poésies posthumes (Paris, Revue des poètes, 1907, in-16). Publié par B.-H. Gausseron et Auguste Générès.

Une gerbe […] par F.-E. Adam (Alençon, Imprimerie Vve F. Guy et Cie, 1908, in-16, portr.). Préface de B.-H. Gausseron.

B.-H. Gausseron. Un Français au Sénégal. Abel Jeandet. Préface par Maurice Barrès, de l’Académie française. Avant-propos par Charles Le Goffic (Paris, Édouard Champion, 1913, in-8, portrait).


Retraité au 1er octobre 1908, Bernard-Henry Gausseron devint membre asocié de l’Académie de Mâcon [Saône-et-Loire] au mois de novembre.



Il mourut subitement le 17 juin 1913 au hameau de Machonville, sur la commune de Rouxmesnil-Bouteilles [Seine-Maritime]. Sa veuve s’établit chez sa fille unique, restée célibataire, à Chaville [Hauts-de-Seine], où elle mourut en 1941.

Jean-Paul Fontaine
Source partagée : https://histoire-bibliophilie.blogspot.com/2019/02/bernard-henry-gausseron-1845-1913-homme.html?spref=fb&fbclid=IwAR38ONwjejol5qIeggu4AWOI9Oy0Jz3bc6I7fHalpsQJ_-_8PMrXsbhykSk

jeudi 31 janvier 2019

A la recherche de la brouille perdue... - Léon Bloy & Octave Uzanne

Cet article est publié simultanément sur notre blog et sur le blog octaveuzanne.com. Il est principalement la compilation des informations données par Emile Van Balberghe et Bertrand Hugonnard-Roche.
A chaque fois que nous employerons Uzanne sans mention du prénom, il s'agira d'Octave.


Quand on connaît un peu les amitiés de Léon Bloy et Octave Uzanne, il est toujours étonnant de constater que malgré le nombre d'amis en commun, peu de liens avérés existent entre eux. Nous parlons bien d'Octave et non son frère Joseph avec qui Bloy eut une correspondance assez fournie, principalement en raison du vin Mariani qu'il lui faisait souvent parvenir et sur lequel nous allons néanmoins ajouter quelques détails.

Tout d'abord, il est fortement probable que Bloy et Uzanne se soient rencontrés chez Barbey d'Aurévilly, d'autant que Le Connétable signera la préface du Bric-à-brac de l'Amour en 1879. Néanmois, nous ne connaissons, à l'heure de cet article - décembre 2017 -, qu'une seule lettre adressée de l'un à l'autre et, jusqu'à il y a peu, que deux envois :
  1. Le Désespéré (1887). Exemplaire passé en vente publique en 1957 (Vente André Bertaut, n°172).
  2. Un brelan d'excommuniés (1889) : « à Octave Uzanne / souvenir fraternel / de Caïn / Léon Bloy ». Exemplaire appartenant aujourd'hui à Eric Walbecq.
Col. Eric Walbecq


Nous avons donc maintenant un brelan d'envois, grâce à l'exemplaire qui était au catalogue de la librairie Eric Fosse (décembre 2017, n°52). Un exemplaire de Christophe Colomb devant les taureaux (1890) portant l'envoi suivant : « à Octave Uzanne / l'ami de mes ennemis / Léon Bloy ». Cet exemplaire avait été relié modestement, sans être coupé et sans les couvertures. Il est toujours non coupé mais un propriétaire a fait ajouter les couvertures.

Collection privée

Les trois envois sont donc sur des livres datés de 1887, 1889 et 1890. On ne connait, pour le moment, rien de plus. Concernant le texte des envois, Bloy dit en 1889 : souvenir fraternel de Caïn, référence au Désespéré, puis en 1890 : l'ami de mes ennemis. Uzanne, l'ami des journalistes qui n'ont rien publié sur Bloy quand lui a fait une chronique sur les deux premiers livres envoyés. 

En effet, si Bloy n'a pas écrit sur Uzanne, Uzanne a bien écrit sur Bloy. On connait ainsi quatre textes :
  1. Un texte sur Le Désespéré publié dans Le Livre du 10 mars 1887 (retranscrit sur le blog Octave Uzanne). Cette critique fut certainement mal perçue par Bloy.
  2. Un texte sur Un brelan d'excommuniés, paru dans Le Livre le 10 février 1889 (reproduit dans Bloyana n°3 qui dit par erreur 1888 alors que le livre paraît en 1889). Cette critique est nettement plus bienveillante que la précédente (et est aussi retranscrite sur le blog Octave Uzanne)
  3. Un texte, virulent, sur Le Mendiant Ingrat qui devait être publié en une de L'Echo de Paris du 13 mai 1898. Il ne le fut pas et se trouve publié dans Visions de Notre Heure (et retranscrit sur le blog Octave Uzanne)
  4. Une réponse d'Uzanne à une enquête, publié le 5 novembre 1898 dans le journal La Volonté, intitulée Le congrès des écrivains. Il y mentionne Bloy. Nous n'avons pour le moment de copie de ce texte.
Outre ces quatre textes, il y a un troisième texte dans Le Livre concernant justement Christophe Colomb devant les taureaux, publié le 10 novembre 1890. Ce texte n'est ici pas signé d'Uzanne mais de Gausseron (on le trouve retranscrit sur le blog Octave Uzanne). Et aucun autre texte de Bloy n'apparaît dans Le Livre. A titre personnel, je suis donc persuadé que ces trois envois de Léon Bloy à Uzanne sont les trois seuls existants.

Notons qu'Uzanne dit dans sa chronique de 1887 : « J'en parle ici librement, tant pour l'auteur que je connais et dont j'apprécie sincèrement la valeur ». Cette phrase revêt ici une grande importance. Uzanne et Bloy se sont connus, c'est une certitude.
Quoiqu'il en soit, nous venons de découvrir, par le troisième envoi, que Bloy lui adressa encore un ouvrage en 1890. Dans le Journal Inédit, qui commence le 27 janvier 1892, il n'est jamais fait mention d'Octave Uzanne. Il y a donc eu un évènement qui a mis fin à leurs relations entre novembre 1890 et janvier 1892, donc probablement en 1891.



Couverture du n°2 de la revue Bloyana


La revue canadienne Bloyana (7 numéros seulement) eut deux articles de Georges Rouzet. Tout d'abord Léon Bloy, les frères Uzanne et le vin Mariani (Bloyana n°2), article au titre très pompeux qui ne nous apprends rien sur Uzanne. Puis un autre article bien plus intéressant, Les frères Uzanne (Bloyana n°3), notes complémentaires de l'article précédent, qui ne donnent des informations quasiment que sur Uzanne, malheureusement sans une seule référence.

La lettre datée du 18 juillet 1885 dans laquelle Uzanne écrit à Bloy, a priori pour la vente du manuscrit d'Une Histoire sans nom est donc reproduite dans ce second article (et sur le blog Octave Uzanne), ainsi qu'une partie de la critique du Désespéré et toute la critique d'Un brelan d'excommuniés.

L'article se termine en parlant d'une lettre de Jehan-Rictus, sans autre référence (ni date, ni destinataire, ni même une citation), mentionnant qu'après la brouille avec Uzanne, Bloy et Uzanne se croisèrent place Saint-Germain-des-Près mais Bloy refusa de lui serra la main. Mais nous ne savons rien de plus.

Nous pouvons aussi citer cette phrase, que Bertrand reprend sur son blog : « Mossieu ! Je me torche le cul avec vos livres avant même d'avoir fini de chier ! ». Uzanne lui rendit la pareille avec sa chronique contre Le Mendiant Ingrat ! A moins que ce ne soit la réponse de Bloy à l'article d'Uzanne quand il fut publié en volume ?

Une autre énigme est cette carte d'Uzanne, vers 1898, dans laquelle il nous semble reconnaître Bloy. Uzanne a-t-il voulu se payer ses ennemis ?


Détail de la carte






Arveiller, dans Inédits de Léon Bloy, envois et dédicaces (IV) (in Bulletin de la Société des Etudes Bloyennes, n°12-13), nous apprends plusieurs détails importants :
  • la dédicace souvenir fraternel de Caïn n'est pas unique. Un exemplaire du Pal portait cette dédicace (nom gratté).
  • Joseph Uzanne eut le droit à une dédicace : Souvenir amical du Désespéré. Le nom est gratté, mais que Bollery pense que c'est bien Joseph Uzanne.
  • Bloy connaissait Joseph Uzanne en 1887-1888 avant de se disputer avec.
Ainsi donc, Bloy se brouille avec Joseph? Bloy s'est-il brouillé avec les deux frères en même temps ?

Illustration, avant la lettre, de la notice pour l'Album Mariani

Léon Bloy retrouve Joseph Uzanne, semble-t-il, le 28 octobre 1896. Ce dernier lui laisse 10 francs contre la promesse d'un ou plusieurs livres avec dédicace. Bloy lui en enverra 5 le 30 octobre. Et ce fut le renouveau d'une amitié entre Joseph et Bloy. Bloy donnera même en dédicace sur Celle qui pleure (1908) : « L'ami de 30 ans, toujours fidèle ». Le dernier envoi connu à Joseph est en 1911. 

Cette dédicace sur Celle qui pleure pourrait laisser penser qu'il se connaissent depuis environ 1878 et donc nous en revenons à ce que nous signalons au départ : la préface de Barbey pour Uzanne en 1879.

En conclusion, nous situons la rencontre de Bloy et Uzanne vers 1879 et la brouille en 1891. Il ne nous reste qu'à trouver les détails précis !

Bien entendu, nous sommes preneurs de toute information qui pourrait préciser cette histoire.

vendredi 11 janvier 2019

Les différents modèles de liseuses en cuir japonais pour Le Miroir du Monde d'Octave Uzanne (1888). Nouveau modèle répertorié. Modèle Cloisonné "C" ordinaire.

Nouveau modèle de liseuse répertorié pour 

"Le Miroir du Monde" par Octave Uzanne, 1888.

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Modèle Cloisonné "C" ordinaire (pour les exemplaires ordinaires sur vélin)

Motifs floraux et coqs/oiseaux sur fond cloisonné.

Dimensions : 28,7 x 20,5 cm

(ajouté sur ce site le 11 janvier 2019)

Lire notre article récapitulatif sur le sujet


jeudi 15 novembre 2018

Exemplaire remarquable. Voyage autour de sa chambre par Octave Uzanne, illustré par Henri Caruchet (1896). Magnifique ouvrage de la période Symboliste et Art Nouveau. Tirage rare à 210 exemplaires seulement pour les Bibliophiles indépendants. Exemplaire Louis Barthou relié par Emile Carayon en maroquin doublé mosaïqué.


Octave Uzanne / Henri Caruchet, illustrateur

Voyage autour de sa chambre. Illustrations de Henri Caruchet gravées à l'eau-forte par Frédéric Massé, relevées d'aquarelles à la main.

Imprimé à Paris pour les Bibliophiles Indépendants, Henry Floury libraire, Paris, 1896 (Imprimerie Maire, 1897)

1 volume in-8 (27,3 x 20,7 cm), de 36 pages, toutes gravées à l'eau-forte (texte et encadrement illustré rehaussé à l'aquarelle), suite complète en noir des eaux-fortes sans le texte.

Reliure de l'époque plein maroquin bleu doublé de maroquin orange, encadrements mosaïqués sur les plats et les doublures. Dos orné mosaïqué coordonnée aux plats. Moire violine. Gardes de papier marbré. Etui bordé doublé cuir retourné. La très belle couverture d'inspiration symboliste et imprimée en couleurs et en or de Henri Thiriet est parfaitement conservée. Magnifique exemplaire.


Tirage uniques à 210 exemplaires.

Celui-ci imprimé pour Monsieur Barthou (Louis Barthou).


Superbe ouvrage magnifiquement illustré par Henri Caruchet dans le plus pur style Art Nouveau et Symboliste. Le texte a été calligraphié par Antoine Barbier et reporté sur cuivre à l'eau-forte. Les compositions de Caruchet encadrent le texte. Toutes les pages ont été aquarellées à la main sous la direction d'Octave Uzanne. Archétype du très beau livre de bibliophilie fin de siècle.


Ce court récit autobiographique (nous n'en doutons pas), a été publié une première fois dans le volume intitulé Le Calendrier de Vénus, en 1880. Sous le même titre Voyage autour de sa chambre, Octave Uzanne nous conte cette histoire malheureuse. Qu’est-ce que ce Voyage autour de sa chambre ? Comme l’indique tout à fait explicitement le sous-titre donné par Octave Uzanne en 1880 : Réminiscence. Du latin reminisci (se souvenir) et de menimi (avoir présent à l'esprit). Le narrateur (Octave Uzanne) se souvient de ses premières amours de dix-huit ans. Mais pas n’importe quels amours, un amour, celui d’une seule, disparue dans la fleur de l’âge. « (…) mignardes hantises de mes dix-huit ans » écrit-il. Ce texte est une complainte à l’amour perdu : « Une ancienne chanson d'amour voltige dans la solitude ; dans ce nid charmant où l'on était si bien à deux, il ne reste que des rêves de volupté indécise et la sarabande enlaçante, mystérieuse et sinistre des souvenirs, ces revenants de l'âme qu'on évoque, qu'on chasse et qu'on appelle encore. » C’est un récit charnel où il évoque les « caresses friponnes d'autrefois ». Cet amour était mortel et mortifère : « quand je jetai mon cœur dans ton âme avec la furie des désirs qui se cabrent et l'impétuosité des prurits cuisants, quand je m'agenouillai pour la prime fois devant ta beauté absorbante, quand nos lèvres allangouries se donnèrent la becquée divine, alors, j'aurais dû cesser de vivre ; j'étais Dieu dans la Création ! » Qui pouvait bien être cette « blonde » aux « longues tresses blondes dont parfois dans sa nudité, elle se faisait un manteau d'or. » ? Nous ne le saurons sans doute jamais. Quelle est la part du rêve et de la réalité ? Le narrateur (Octave Uzanne ?) a aimé ! aimé à perdre la raison, dans ses premières années de virilité. Mais « la mort, en surprenant la pauvrette a fauché mon âme avec la sienne » écrit-il. « O la seule amante aimée, je reviens chaque jour faire ce tendre voyage autour de ta chambre ». Confession ? Romanesque ?








Nous avons republié ce texte ICI : http://www.octaveuzanne.com/2013/01/voyage-autour-de-sa-chambre-1880-1896.html

Splendide exemplaire finement relié à l'époque.





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