mardi 6 août 2013

« Les revanches de la misère sont souvent plus misérables et plus inhumaines que la misère elle-même. » Octave Uzanne, La Femme à Paris, Nos Contemporaines, Novembre 1893



DEMOISELLES DE GRANDE MARQUE
ET DE PETITE VERTU


Octave Uzanne n'a pas dû se faire que des amies dans la haute société parisienne lorsqu'il se permet de publier ce type de dessin-gravure (eau-forte exécutée F. Massé d'après le dessin de Pierre Vidal) pour sa Femme à Paris, Nos Contemporaines (novembre 1893) ... légendé : DEMOISELLES DE GRANDE MARQUE ET DE PETITE VERTU ... c'est assez osé de le faire imprimer en couleurs pleine page lorsque sa principale clientèle bibliophilique est justement cette même femme du monde déguisée ici en prostituée de luxe ... Uzanne n'aimait pas se contraindre au politiquement correct ...

Voici un extrait de la conclusion de la troisième partie consacrée aux Femmes hors la loi morale (p. 296) :



Rappel de l'encadré en mode texte pour indexation internet : « De toutes les diverses classes de prostituées dont nous avons successivement esquissé la silhouette en quelques traits au cours de ces chapitres consacrés à la femme hors la loi morale, la moins intéressante est assurément l’hétaire et l’horizontale de marque, dont nous venons si sommairement d’indiquer les détresses cachées sous le luxe aveuglant dont elles éblouissent les passants. Plus l’on monte du reste les échelons de l’échelle sociale, moins l’on rencontre de véritable pittoresque. Ce nous semble même une des caractéristiques de ce livre de montrer que le grouillement des femmes d’en bas est plus intéressant pour l’observateur que l’éclat isolé de celles qui sont en haut, où, quel que soit le blason des parvenues, on voit plus de fonds de gueule et plus d’or que d’azur, plus de sable aux yeux que de bonheur réel. Il y a une loi des compensations dont on ne tient pas assez compte ici-bas. Les revanches de la misère sont souvent plus misérables et plus inhumaines que la misère elle-même. » Octave Uzanne, La Femme à Paris, Nos Contemporaines, Novembre 1893 (Paris, Ancienne maison A. Quantin, 1894).

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