lundi 11 mars 2013

Octave Uzanne - 22 décembre 1915 - 515e jour du "jeu de massacre" ...

Mercredi 22 décembre 1915 - Fin de la bataille du Hartmannswillerkopf (1) - La poudrerie et les dépôts de munitions de Munster explosent (2). Arrêtons nous là. La liste serait longue de ce qui se passa ce jour de pleine guerre.

Octave Uzanne lisait attentivement les journaux et sans doute même recevait-il quelques dépêches d'amis proches du front.

Ce n'est pas la première fois qu'Octave Uzanne s'exprime sur la Grande Guerre. Nous avons déjà donné une lettre datée du 1er juin 1917 et une autre du 16 octobre 1915. La lettre que nous présentons aujourd'hui est datée du 22 décembre 1915, qui était un mercredi. Elle est adressée à son ami Georges Maurevert, journaliste à l’Éclaireur de Nice.
En voici le contenu :

St Cloud ce 22. XII. 15 [mercredi 22 décembre 1915]

Affectueux souvenirs, cher ami, mes souhaits cordiaux pour cet an neuf 1916 qui s'inaugurera le 515e jour de guerre, et qui s'achèvera avant la fin de ce jeu de massacre, difficile à prévoir avant juin 1917.
Je suis votre campagne anti alcoolique et j'attends votre volume. Mes sincères compliments pour votre belle allure combative. Mes souvenirs et amitiés à Maurice Maëterlinck. Irai-je à Nice cet hiver ? Je ne le saurais dire.
Mes cordialités confraternelles.
Octave Uzanne


Cette lettre est intéressante à plusieurs titres. Premièrement elle nous donne une fois encore le sentiment d'Octave Uzanne sur cette terrible guerre qui définit comme un "jeu de massacre", ce qui était bel et bien le cas. Il suit attentivement le déroulé de cette guerre et sa chronologie avec précision.

Uzanne présente ses voeux de bonne année 1916 à son ami Maurevert tout en lui disant son intérêt pour sa campagne anti-alcoolique (nous reviendrons sur cette campagne ultérieurement). Il lui présente ses compliments pour sa "belle allure combative". Cette remarque fait sans aucun doute référence à l'envoi par Maurevert à Uzanne d'une carte postale photographique sur laquelle il est représenté en boxeur. Maurevert était alors Président du Boxing-Club de Nice. Nous avons la chance d'avoir retrouvé tout à fait fortuitement cette photographie (ou au moins une photographie identique avec un envoi autographe de Maurevert qui pourrait tout à fait avoir été celui que reçut Octave Uzanne). Pour finir sa courte lettre, Uzanne se rappelle au bon souvenir de Maurice Maëterlinck.

Un détail qui a son importance, cette lettre est rédigée sur un bristol de couleur crème avec en haut un décor japonisant imprimé en noir (laque) et or (relief). C'est le seul exemplaire de ce décor que nous possédons et nous n'en n'avons jamais rencontré d'autre identique. Nous nous interrogeons sur le procédé : est-ce une impression ? est-ce un dessin original ? est-ce un dessin d'Octave Uzanne à l'encre de chine gommée et or liquide ? c'est très difficile à dire. Nous vous laissons juge de la qualité du résultat.

Bertrand Hugonnard-Roche


(1) montagne des Vosges (956 mètres d’altitude) située dans le département du Haut-Rhin, en Alsace, région aujourd’hui française mais allemande au début de la guerre. Cette bataille se déroule sur un front secondaire de la « Grande Guerre » mais la violence des combats et la rigueur du climat des hautes-Vosges l’ont rendue aussi terrifiante que celles plus célèbres de la Marne, de la Meuse ou de la Somme. Ainsi ce conflit a donné à la montagne du Hartmannswillerkopf le surnom de « Vieil-Armand » et les abréviations usuelles de « HWK » ou « HK », mais on l’a également appelé « la mangeuse d’hommes ») Source : Wikipedia

(2) A Haubourdin, le temps a été mauvais durant la nuit ; la canonnade n’arrête pas puis ce sont des lances-bombes ( ? ) et beaucoup de fusillades. La matinée est calme ; le duel d’artillerie commence à onze heures entre La Bassée et Warneton. Dans la journée, on entend toujours le canon et assez fort vers Armentières. Dans la soirée , le combat continue avec les mitrailleuses et les fusils, vers Ennetières et une canonnade assez sérieuse de La Bassée à Comines. La soirée est très mouvementée avec un duel d’artillerie épouvantable vers Ennetières, jusqu’à neuf heures. Source : " MIZTECH S. L. I. " HAUBOURDIN La première guerre mondiale vue d’Haubourdin. Décembre 1915.

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