mercredi 18 décembre 2013

Octave Uzanne commente le nouveau roman du Sâr Joséphin Péladan : A coeur perdu (1888) in Le Livre, livraison du 10 mai 1888.


Frontispice de A cœur perdu
par Félicien Rops
« Avec une persévérance diabolique, qui nous semble digne d'une meilleure cause, M. Joséphin Péladan poursuit la publication de l'étrange collection, ayant pour titre général la Décadence latine, décadence dont sa littérature même subit bizarrement l'influence. Son nouveau roman, A cœur perdu, nous remet en présence du fameux mage Nebo et de l'étonnante princesse Paule, pour nous faire assister à la lutte longuement décrite de l'amour platonique contre l'amour des sens. Fatalement, Nebo le platonicien succombe, après une série d'épreuves et de tentations qui l'entraînent peu à peu à la lutte charnelle. Un dérèglement de magisme poussé jusqu'aux dernières limites, un curieux délire à froid, qui analyse méthodiquement les spasmes, les délires, les baisers, les tentations de la chair et du cœur, des pages d'une réelle éloquence, un talent incontestable, tel est le résumé de ce livre, où le vente de la folie voulue souffle peut-être encore plus âpre, plus violent, que dans les précédentes œuvres de Joséphin Péladan. »

[Octave Uzanne]
in Le Livre, 10 mai 1888


A cœur perdu est le quatrième volume de La décadence latine. « Celui qui n'a jamais aimer avant d'être aimé, celui qui n'a allumé son désir qu'à celui qu'il inspirait, celui qui n'a regretté que dix jours la plus charmante des maîtresses, celui-là peut souffrir, mais survivra à toutes les femmes et à tous les amours [...] » (extrait).

Bertrand Hugonnard-Roche

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