mercredi 27 novembre 2013

« Je faisais mes études au Lycée de Nice. [...] j'y fus, à vrai dire, plus souvent externe qu'interne et je brillai fort peu dans les classes que j'y fis ou fus sensé y avoir faites. » (5 mars 1911)


Dans une chronique publiée le 5 mars 1911 (Octave Uzanne a 60 ans) dans les colonnes de la Dépêche de Toulouse, sous la rubrique Notre époque et intitulée Sur la Riviéra, la vogue du soleil, Uzanne donne un aperçu de la mode des vacances au soleil de la Côte d'Azur, à Nice notamment, des personnalités attirées par cette lumière aveuglante. Nous ne reprendrons pas ici l'intégralité de cette chronique par ailleurs fort intéressante mais nous donnerons le début qui concerne un point crucial de la biographie d'Octave Uzanne. Un point jusque là négligé, sinon ignoré de pratiquement toutes les personnes qui se sont intéressées à sa vie. Comme toujours, c'est à Uzanne qu'il faut demander si l'on veut apprendre des choses sur Uzanne ! Et c'est le plus souvent assez directement qu'il nous donne les clés pour mieux le connaître. Ainsi, ici, il précise qu'il fût pensionnaire au Lycée de Nice. Apparemment pendant plusieurs classes. A quelle date ? De quelles classes s'agit-il ?
Uzanne fait remonter ses souvenirs d'étudiant à Nice à trente ans et plus. Que savons-nous des études menées par Octave Uzanne ? Nous savons donc qu'il suivit les cours du Collège d'Auxerre (Yonne), Collège Rollin à Paris, et les cours du Lycée de Nice. Il semble que l'ordre soit le suivant : Ecole communale d'Auxerre puis Collège d'Auxerre (ceci devant théoriquement emmener jusque vers fin 1866, peu après le décès de son père), ensuite il semble que la veuve et ses deux fils (Octave et Joseph) migrent sur Paris. Octave et Joseph sont sans doute alors placés au Collège Rollin (1866 ? à 1867 ? 1868 ?). Octave a alors 17 ans environ, peut-être un peu moins lorsqu'il intègre le Lycée de Nice. Pourquoi Nice ? Ne serait-ce pas plutôt vers 1870 pour éviter la guerre qui fait rage aux portes de Paris ? Nous ne savons pas. Nous savons seulement qu'Octave Uzanne est allé également en Angleterre (pensionnaire libre au Collège de Richmond) pour parfaire son éducation, et ce justement pendant la guerre de 70 (peut-être pour s'en éloigner).
La période du Lycée de Nice apparaît donc très incertaine entre 1868 et 1871. Quoi qu'il en soit, à la mi-décembre 1871 Octave Uzanne est installé à Paris où il mène une vie étudiante mêlée aux bamboches de son âge. Il semble, d'après la lettre qu'il écrit à son ami Emile Rochard le 14 décembre 1871, qu'il soit installé là depuis déjà un petit moment et qu'il profite de son quartier pour faire la fête et étudier simultanément (sans doute à Rollin). Nous retiendrons donc pour les années probables de son passage à Nice : 1868, 1869 (si l'on considère qu'en 1870 il est à Londres). Ces deux années correspondent à sa 17ème et 18ème année. Sans doute celles de son baccalauréat. Savons-nous seulement s'il l'obtint ? à Nice au Lycée Massena (lycée impérial) ou à Paris au collège Rollin ? Ni Fathi Ghlamallah (dans sa thèse de 1999 sur Octave Uzanne revuiste), ni Maurice Kunel (Lettres de Félicien Rops à Octave Uzanne, Bulletin du Bibliophile, 1961, n°3-4) ne s'accordent sur des dates et des lieux précis. Octave Uzanne aurait achevé ses études de droit à Paris. Ni Fathi Ghlamallah, ni Maurice Kunel n'ont eu visiblement connaissance de ce passage au Lycée de Nice. Cependant cette information a déjà été communiquée dans une courte notice de présentation d'Octave Uzanne à l'occasion de la vente de la bibliothèque John Quinn (1923).
De nouvelles découvertes nous permettront de mettre un peu d'ordre dans cette chronologie estudiantine encore chaotique. Voici le passage en question extrait de l'article de la Dépêche de Toulouse :

Bertrand Hugonnard-Roche


« Je me souviens déjà lointainement de ce que fut la Côte d'Azur, il y a trente ans et plus, avant même que la désignation de sa céruléenne beauté ait été fixée par une expression imagée qui aujourd'hui semble définitive. Je faisais mes études au Lycée de Nice. Le soleil m'attirait si fréquemment hors des salles d'études, vers les panoramas enchanteurs de Villefranche, du cap Ferrat ou de Beaulieu, que j'y fus, à vrai dire, plus souvent externe qu'interne et que je brillai fort peu dans les classes que j'y fis ou fus sensé y avoir faites. [...] »

Octave Uzanne

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