vendredi 14 juin 2013

Octave Uzanne (57 ans) lève le voile sur une sexualité ... au repos : « les plus jolies et les plus intelligentes des femmes ne m’en détourneraient pas … et pour cause, c’est que je n’en veux et que je m’en fous, ne voulant les foutre. » (Paris, 15 mai 1908)



« De plus, partout, ce pauvre garçon [Emile Rochard], qui marche vraiment au gâtisme érotique, laisse traîner des images immondes, des cartes transparentes, photographies obscènes, qu’il regarde le soir sur sa table de nuit – c’est pitoyable – c’est bien la monomanie de l’impuissant qui cherche l’éréthisme. » (Les Pins, mardi 29 décembre 08)


Voici une suite de cinq extraits de lettres issues de la correspondance privée entre Octave Uzanne et son frère Joseph (Archives de l’Yonne, Auxerre, Fond Y. Christ). Ces extraits ont été choisis en rapport des mentions relatives à la sexualité d’Octave Uzanne, directement évoquée par lui, dans la confidence, à son frère. Le dernier extrait évoque son rapport à la sexualité d’autrui, en l’occurrence celle de son ami Emile Rochard.

Inutile de commenter outre mesure ces indications suffisamment explicites pour en tirer quelques conclusions évidentes. Octave Uzanne a 56 et 57 ans puisque les dates des courriers s’échelonnent entre avril 1907 et décembre 1908.

On notera seulement qu’Octave Uzanne refuse le risque de l’excitation sexuelle, refuse l’acte même « mis de côté comme il faut ». Uzanne ressent le besoin de préciser à son rère qu’il a eut une vie toujours laborieuse et très allante « vis-à-vis des dames ». Mai 1908, Uzanne ne veut plus « foutre », même « les plus jolies et les plus intelligentes des femmes ». Uzanne ne se gêne pas pour se moquer à plusieurs reprises de la « monomanie de l’impuissant qui cherche l’éréthisme » affichée par son ami Emile Rochard.

Bertrand Hugonnard-Roche


Voici les extraits de lettres :

« Ma santé se remet bien, je me suis bien soigné et me trouve solide et en assez belle mine, mais je sais, je sens, que pour redevenir ce que je veux être, j’aurai besoin d’une vie saine à la campagne et à la mer, d’aucune excitation sexuelle, de beaucoup d’exercice physique et au grand air – je pense bien cette année pouvoir m’accorder tout cela. » (Les Pins, mercredi 3 avril 1907)

« Ma mine est bonne, je supporte la marche que je sens très salutaire ; ma vie sexuelle est ralentie, mise de côté comme il faut, je suis donc parfois mélancolique de me sentir encore mal équilibré, apte à me refroidir, à retomber malade pour un rien – Ah ! que ma santé de naguère me semble enviable ! Aujourd’hui je n’oserais voyager seul à l’étranger, je ne vais plus du côté de la jeunesse et le retour à Paris, l’hiver prochain m’inquiètent. » (Barbizon, jeudi 1er août 1907)

« Ma santé m’a inquiété ces derniers jours, en raison d’états nerveux très angoissants, de fébrilités du soir entre 10 et minuit, poussées de sang, palpitations, tout cela évoquant l’état de notre chère maman, lors de son retour d’âge avec variations dues à mon sexe et à la vie toujours laborieuse et très allante « vis-à-vis des dames » - tout cela s’atténue, s’atténuera ici. Il serait vain de consulter des médecins aveugles et sourds à ces sortes de maux et si incompréhensifs. » (Barbizon, 4 août 1907)

« Je n’ai pas besoin de te dire que si ça te chantait de venir dimanche, je te recevrais avec plaisir, mais tu as immobilisé ton temps avec cette petite serine de Cladel ce qui t’est moins salutaire qu’une promenade en plein air – Je le regrette pour toi, Barbizon eut mieux valu –
Moi, je ne me laisse plus aller à ces choses, je crois avoir raison ; je tâche de diriger ma vie dans les voies essentielles de la santé, les plus jolies et les plus intelligentes des femmes ne m’en détourneraient pas … et pour cause, c’est que je n’en veux et que je m’en fous, ne voulant les foutre. » (Paris, 15 mai 1908)

« De plus, partout, ce pauvre garçon [Emile Rochard], qui marche vraiment au gâtisme érotique, laisse traîner des images immondes, des cartes transparentes, photographies obscènes, qu’il regarde le soir sur sa table de nuit – c’est pitoyable – c’est bien la monomanie de l’impuissant qui cherche l’éréthisme. » (Les Pins, mardi 29 décembre 08)

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