mercredi 20 février 2013

Avis d'Octave Uzanne sur Gyp alias Sibylle Gabrielle Riqueti de Mirabeau ou "la dernière des Mirabeau" (1894).

Gyp, de son vrai nom Sibylle Gabrielle Riqueti de Mirabeau ou la dernière des Mirabeau comme elle le disait elle-même, était la presque exacte contemporaine d'Octave Uzanne. Elle naît en août 1849 lorsqu'il naît en septembre 1851. Elle meurt en juin 1932 quand il meurt à la fin du mois d'octobre 1931.

De son oeuvre abondante (plus de 100 romans) nous ne retiendrons ici que sa participation au livre édité pour les Bibliophiles contemporains par Uzanne en 1896 sous le titre Feminies, Huit chapitres inédits dévoués à la femme, à l'amour, à la beauté. Participèrent à ce volume, illustré de huit frontispices par Félicien Rops, outre Octave Uzanne, Henri Lavedan, Marcel Schwob, Gyp. Ce volume fait de Gyp la seule femme écrivain à avoir participé à un ouvrage conçu et dirigé par Octave Uzanne.

Ce n'est pas ici le lieu de faire une biographie de Gyp ; voici néanmoins les quelques appréciations qu'Octave Uzanne notent à la volée dans son ouvrage intitulé La Femme à Paris, Nos Contemporaines (Paris, Ancienne Maison Quantin, 1894). Reportons-nous au chapitre X : Femmes artistes et Bas-bleus (les femmes de lettres dans la littérature, le livre et le journalisme).

Octave Uzanne écrit :

"Les rares Bas-Bleus modernes qui soient parvenus à la notoriété sont plutôt des bas-roses ou des bas-rouges ; les autres sont anonymes et tyrannisent infiniment moins leur temps. - Gyp, ce gentil gamin de Paris toujours en verve et dont l'esprit endiablé s'exaspère tous les jours ; Gyp, qui, comme lady Rochefort, a si drôlement promené sa lanterne bariolée à travers la société contemporaine, ne saurait être considérée comme un Bas-bleu ; elle échappe à toute satire par sa gaieté, son espièglerie  sa verve observatrice, ses ironies fuyantes et ses peintures qui n'ont ni expression de collet monté, ni prétentions excessives."

Octave Uzanne avait de l'admiration pour cette femme. C'est sans doute pour cette raison qu'il lui demanda de collaborer au recueil féminolâtre Feminies. Gyp y donne un texte savoureux intitulé L'archéologie d'amour (pp. 163 à 185), série de dialogues burlesques entre Adam et Ève  Daphnis et Chloé, Joseph et Mme Putiphar, Héloïse et Abeilard, Chateaubriand et Mme Récamier.

Nous ne savons pas les liens d'amitiés, ni les relations professionnelles entre gens de lettres qu'entretinrent Octave Uzanne et Gyp. Nous n'avons à ce jour retrouvé aucune correspondance qui permettrait d'en savoir plus.

Bertrand Hugonnard-Roche

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