mercredi 7 janvier 2015

"Si j'étais valide, je serais allé vous porter l'affectueux appui de ma sincère amitié. Malheureusement, je reste faible, sédentaire et isolé, afin de ne gaspiller que le minimum de forces qui ne reviennent si avaricieusement que j'ai toutes les peines du monde à me maintenir dans une vie précaire et ralentie indiciblement dans son activité." (Octave Uzanne, 13 novembre 1930).


Voici une lettre d'Octave Uzanne retrouvée dans les limbes des archives perdues d'internet ... où se trouve-t-elle aujourd'hui ? Nous avons la chance d'avoir à disposition un relevé exact du texte. Le destinataire est inconnu. En novembre 1930 Octave Uzanne est âgé de 79 ans, il lui reste moins d'un an à vivre. Les recoupements chronologiques avec la correspondance Georges Maurevert que nous avons publié permettent d'en savoir un peu plus sur son état de santé déplorable à ce moment précis de sa vie. Le 22 décembre 1930 Uzanne écrit à son ami Maurevert : "[...] Je suis un fantôme du Passé. Je vis en retraite après avoir subi une très grave opération dont la convalescence seule m’a tenu 8 mois dans les cliniques parisiennes. [...]". Il se réjouit de sa solitude et de son indépendance. Le 29 décembre il écrit à nouveau à Maurevert : Uzanne s’est fait mettre un anus iliaque. Il a des dépressions affreuses, le cœur défaillant, une vacance de toutes ses forces. Il récupère son potentiel de puissance avec une lenteur indicible. Il vit reclus, plus libre qu'il ne le fut jamais, heureux de sa retraite. Le tableau clinique n'est guère réjouissant. Cette lettre vient s'ajouter au dossier encore mince de la fin de vie douloureuse d'un homme de lettre oublié de tous ou presque.


Bertrand Hugonnard-Roche

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Lettre autographe d'Octave Uzanne adressée à ?? [St-Cloud, 13 XI 1930]. Papier à en-tête de l'adresse de St-Cloud.

       Mon pauvre cher ami,

       Je suis consterné par le nouveau deuil qui vous accable, à peine installé à Eaubonne. Votre vide sera grand. Vous en aurez un long frisson de solitude et je vous plains de tout mon cœur. Si j'étais valide, je serais allé vous porter l'affectueux appui de ma sincère amitié. Malheureusement, je reste faible, sédentaire et isolé, afin de ne gaspiller que le minimum de forces qui ne reviennent si avaricieusement que j'ai toutes les peines du monde à me maintenir dans une vie précaire et ralentie indiciblement dans son activité.
      Je vous embrasse et communie avec votre peine infinie.

Octave Uzanne

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