dimanche 15 juillet 2012

Article intitulé "Forces cosmiques" publié par Octave Uzanne dans la Dépêche de Toulouse le 25 septembre 1929


Article intitulé "Forces cosmiques" publié par Octave Uzanne dans la Dépêche de Toulouse le 25 septembre 1929. Octave Uzanne est âgé de 78 ans lorsqu'il publie cet article des plus étranges. 

Forces cosmiques (1)

 Voilà déjà trente années que je collabore à cette Dépêche libéralement ouverte aux idées et scrupuleusement respectueuse des opinions de ses collaborateurs. Je m’y sens, aujourd’hui, installé ainsi qu’un patriarche bavard dans une famille de lecteurs bienveillants. J’ai reçu de ceux-ci, au cours de ce début de siècle, nombre de lettres souvent fort intéressantes et toujours agréables par leur tour l’esprit ingénieux et alerte. Je ne crois pas toutefois en avoir reçu aucune qui m’ait donné un envol intellectuel vers des zones aussi élevées que celle qui me parvint, il y a deux mois, signée d’un vieux Toulousain, vivant obscur et isolé dans son labeur, rue Saint Léon, plus ambitieux de faire connaître ou prévaloir ses idées dans une voie pratique et de les voir vulgarisées, que d’en tirer vanité, réputation, honneurs ou fortune.

 M. Frédéric Dufourg (2), tel est son nom, a sans doute trouvé, dans mes menus écrits, cette avide curiosité de multiples connaissances et qui m’a si constamment tenu, jusqu’à ce jour, en bel appétit de vivre afin de mieux nourrir mes goûts de savoir. Mon caractère de doute, de scepticisme, de volonté suivie de n’admettre lue la relativité de toutes vérités et de chercher le contrôle des valeurs, si fréquemment surfaites, par le truquage publicitaire de l’opinion, l’a peut-être incité à me révéler les lumières successivement découvertes par ses travaux qu’il poursuit en solitaire depuis 1892. L’ensemble de ses études sur les Forces Brutes de la matière des trois règnes et sur tous les phénomènes de l’Univers, par les Forces Intelligentes, doit former deux volumes, à peu près au point. L’auteur, toutefois, n’estime pas que le moment soit encore venu de cette publication révolutionnaire, qui nous ramène aux prodiges rigoureusement scientifiques des initiés de l’Antiquité, dont l’enseignement était oral. Il exprime, sans forfanterie, la conviction d’avoir vaincu le mystère, le miracle, le surnaturel, en découvrant les propriétés intimes de l’atome formatif de la matière universelle de notre monde. Cet infiniment petit atome, bien que si puissant, constitue la Force Brute originelle dont M. Frédéric Dufourg déclare avoir codifié les lois par lesquelles, à l’exemple de la nature, il parvient à matérialiser les corps solides, liquides, gazeux et jusqu’aux fragments minuscules de toutes les pierres précieuses avec la multiplicité de leurs couleurs. Il se fait fort, également, de liquéfier les Forces atmosphériques improprement dénommées : Electricité. Il explique ainsi, avec expériences décisives à l’appui, la formation de la terre, ses origines, ses Forces Brutes et la cause de ses phénomènes : Rotation, lévitation, translations, transformations et, notamment, sa conservation par matérialisation de molécules centrifuges, produites par décomposition de sa matière et par matérialisation des molécules centripètes de recomposition des corps évanouis. – Est-ce compris ?

 « Je fais donc, m’écrit M. Dufourg, la preuve matérielle que les matériaux atomiques de notre planète n’ont pas de fin et que ce qu’on prétend être la fin de la matière est un recommencement sans fin de la matière impérissable. La terre est un organisme vivant, formé de deux hémisphères d’inégale puissance. Elle est un aimant. L’animal est un aimant accusé par les deux hémisphères du cerveau. Le végétal est un organisme développé sur graine, faite de deux hémisphères cotylédonaires. Il est également un aimant. « Il y a donc analogie de conformation dans les trois règnes formés de Forces Brutes atomiques. Il est naturel qu’ils soient soumis aux mêmes lois, puisque la terre fournit au végétal et à l’animal les matériaux d’édification que les transformations alchimiques, explicables, changent de nature, mais sans modifier les lois qui les dominent. Dès lors, les phénomènes des trois règnes s’enchaînent sous l’empire des mêmes lois, à la différence que si la terre se répare et se suffit, le végétal et l’animal peuvent s’affaiblir et s’anémier, tout comme les aimants permanents qu’une transfusion d’énergie vitale, une réaimantation régénère, en leur donnant le maximum de vie attractive et de force moléculaire. » Cette transfusion est faite avec une énergie de nature végétale ou animale, c’est-à-dire avec un calorique de la nature de l’organisme à réparer, à renforcer, à régénérer. Il est facile de déduire de cet exposé les formidables conséquences que les découvertes de ces admirables Forces naturelles apporteraient dans le domaine des richesses agricoles et dans la reconstitution de l’animalité et de la conservation de la bête humaine actuellement livrée aux méfaits de la chimiatrie pharmaceutique médicamenteuse. Je suis un bien misérable physicien, et dans le département des sciences en général, mon rôle ne saurait être que très effacé ; mais les théories de mon correspondant, qui s’adressent à ma raison et qui font revivre en moi des conceptions qui me furent chères sur l’égalité des trois règnes de la nature, m’apparaissent saines, logiquement assises sur des bases que l’Antiquité avait déjà établies.

 Frédéric Dufourg ne saurait donc, à mes regards, prendre figure de visionnaire, de rêveur ou de déséquilibré. Ses travaux et ses expériences sont contrôlables et renouvelables à son gré. Il voulut bien me faire l’honneur de me proposer d’assister aux résultats qu’il peut obtenir sous un rigoureux contrôle pour faire naître méthodiquement de l’énergie végétale des fleurs semées en pleine terre et aboutissant à leur épanouissement floral au bout de cinq jours. Pour de tels résultats, il sait donner aux graines leur maximum de force attractive. Il peut même, en moins de deux heures, obtenir la dématérialisation d’une plante vivante et sa rematérialisation sur sa graine. Ce n’est pas de la sorcellerie, ce sont des faits acquis sans thaumaturgie aucune. Pourquoi, le principe des Forces Brutes étant semblable pour l’animal que pour le végétal celui-ci ne pourrait-il pas être également, en vertu des mêmes lois, régénéré, invigoré, reconstitué par une méthode analogue. Les initiés n’opéraient certes pas autrement jadis, en se servant des Forces atmosphériques faites d’atomes en liberté. On pourrait réparer un corps vivant, rétablir l’équilibre de vie d’un organisme désorienté en leur transfusant les éléments qui ont contribué à leur formation et qui recomposent la substance soumise à la décomposition permanente.

 Le génie grec, et plus particulièrement le surprenant philosophe et physicien Héraclite, admettait déjà toutes les lois reconstituées et élargies par le remarquable Toulousain dont je résume ici les travaux. Il faudrait citer des pages et des pages de ce grand compatriote des illustres Milésiens, Thalès et Aristide, pour témoigner, une fois de plus, qu’il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil. Le remède universel, selon M. Dufourg, l’unique et infaillible remède de la matière universelle de notre monde, c’est l’atome minéral, végétal et animal, qu’il faut savoir capter, condenser et distribuer méthodiquement. Voilà ce que successivement et progressivement, ont révélé à ce génial et obscur travailleur de Toulouse, l’étude primordiale de l’organisme planétaire, de l’organisme végétal plus évolué, de celui de l’animal, donc de l’être humain qui est l’œuvre quintessenciée de la création. A l’égard des Forces Intelligentes sans cesse en activité dans l’univers, ce vrai maître ès sciences n’est pas moins précis et formel, car il fait la preuve matérielle de la Force Intelligente qui dirige les Forces Brutes dans toutes les actions de la machine humaine, tout comme un wattman interchangeable, Force Intelligente impulsive, dirige la machine dont il a la conduite. Ce qui semble étrange, à vrai dire, c’est que de telles révélations n’aient pas encore préoccupé le groupe soi-disant d’élite que nous nommons les hautes sphères du monde scientifique, et que M. Frédéric Dufourg n’ait pas encore été conduit au Capitole de la gloire. C’est là un sujet peut-être assez moliéresque et qui mériterait sans doute une nouvelle causerie. Elle serait assez peu agréable à l’entendement des pontifes officiels des Instituts. C’est une raison pour que j’y engage quelque jour mon esprit d’indépendance.

               Octave UZANNE.


(1) Cet article a été reproduit en tête de l'ouvrage de Frédéric Dufourg publié en 1932 seulement (Uzanne est mort le 31 octobre 1931), précédé de ces quelques lignes : "Sur le rudimentaire jalonnement des Forces Brutes des trois règnes que je lui en donnai en 1927, après douze années d’attente patiente, le profond penseur Octave Uzanne en exprima son enthousiasme dans un article qu’il publia, le 25 septembre 1929, dans La Dépêche de Toulouse, sous le titre FORCES COSMIQUES." Vient ensuite la reproduction in extenso de l'article donné par Uzanne. A la suite de l'article reproduit, Frédéric Dufourg donne ces quelques lignes d'explications :  "Les découvertes par lesquelles l’auteur de ces travaux a percé tant de mystères de la Nature frappèrent Uzanne qui avait fait des études solides sans parvenir à sortir des, ténèbres qui l’encerclaient. Il avait fouillé les écrits des philosophes grecs et il était allé dans l’Inde espérant y trouver un rayon de lumière, que son ignorance de la Physique intéressant l’évolution des Forces Brutes en mouvement perpétuel ne lui permettait pas d’apercevoir. Il ne lisait pas dans le livre de la Nature parce qu’il n’en connaissait pas les caractères alphabétiques par lesquels on apprend à syllaber avant de lire. Mais le principe sur lequel repose la Trimurti hindoue – la Trinité – faite de Brahmâ, créateur, Çiva, destructeur et Vishnou, conservateur et fécondateur, trois Forces éternelles en activité perpétuelle sur notre planète et dont je lui expliquai le mécanisme par l’action des Forces Brutes, cette Vérité lui ouvrit définitivement les yeux et satisfit sa raison, parce que je le faisais ainsi remonter à l’origine et à la cause de toutes les Choses, de tous les prodiges, de tous les mystères, de tous les miracles. Octave Uzanne me remercia de ce que je l’avais sorti du chaos, et il insista avec force pour que je l’autorise à publier, dans un quotidien, les points essentiels de mes résultats, en respectant l’opinion de Gaston Bonnier que je me réservais de faire connaître ultérieurement. Assez encensé pour le modeste résurrecteur que je me sais des Forces de l’Univers, utilisées par les initiés de l’Antiquité qui en instruisaient les foules, je m’abstins de faire savoir à Uzanne que je me traitais en vue de dissiper la presbytie dont j’étais affligé depuis trente ans. En effet, par transfusion méthodique de l’énergie terrestre de nature spéciale, par charges de molécules curatives centrifuges dont il est parlé dans ce livre, j’ai pu me guérir de la presbytie, car depuis plus de deux ans, je lis et j’écris sans lunettes malgré mon grand âge : Le miraculé que je suis pour ceux qui croient au surnaturel n’est qu’un bénéficiaire des Forces Brutes émanées de la matière planétaire, Forces savamment distribuées par les Initiés et les Prophètes, savants de l’Antiquité, que l’on divinisait en raison de leurs prodiges, comme on sanctifie et on immortalise, en nos temps d’ignorance, ceux dont on perpétue la mémoire. Je ne suis qu’un modeste chercheur désintéressé et sans autre mérite que celui de publier les résultats de mes recherches pour en instruire les générations futures. Quel que soit l’accueil réservé par la présente génération à ce livre, tiré à mille exemplaires, mon œuvre d’inlassable chercheur est désormais impérissable. Le temps fera le reste. Et si je meurs avant l’heure, mes enfants publieront le second volume de cet ouvrage : Les Forces Intelligentes."

(2) Frédéric Dufourg, Alchimiste (c'est tout au moins tel qu'il s'auto-désigne et qu'il signe ses écrits). Ce qu’il fait, ou mieux ce qu’il a fait à maintes reprises, dit-il, et devant témoins, c’est, jonglant avec les forces brutes de la Nature : de faire sortir et pousser à son gré et à son heure, soit les racines seules, d’une graine, soit la tige seule ; décupler par simple régénération des semences les rendements des, végétaux ; réduire jusqu’au vingtième le temps nécessaire à la croissance des plantes ; renforcer ou redonner, quand elles l’ont perdue leur odeur aux fleurs ; modifier à son gré les couleurs des dites fleurs ; rappeler à la vie des arbres morts ; accomplir enfin et telle que l’accomplissaient les anciens, la palingénésie des plantes. Ces « miracles », il les obtient grâce à un double fluide, un fluide blanc et un fluide rouge qu’il tire et condense, celuici de la terre, celui-là de l’air.

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