mardi 3 juillet 2012

Louis Lemercier de Neuville écrit dans la revue Le Livre (1886-1887). Lettres des deux frères Octave et Joseph Uzanne.


Louis Lemercier de Neuville
Voici deux lettres qui éclairent un peu la manière de travailler à la revue Le Livre. Ces deux lettres sont adressées à Louis Lemercier de Neuville (voir notre précédent billet donnant une autre lettre à lui adressée par Octave Uzanne). La première est du directeur du Livre, Octave Uzanne. Ce dernier ne connait apparemment pas ou peu Lemercier à la date du 5 octobre 1886. La collaboration entre les deux hommes au profit de la revue bibliographique perdurera jusqu'à la fin de l'année 1889, date qui marque la fin de cette revue qui laissera place au Livre Moderne. La deuxième lettre est de Joseph Uzanne, frère d'Octave. On voit parfaitement ici qu'à cette époque, Joseph Uzanne est le collaborateur de son frère à la revue Le Livre. Il fait office de secrétaire en quelque sorte. A-t-il collaboré dès 1880 à la création de la revue ? C'est que nous entendons découvrir.



Bonne lecture.
Bertrand Hugonnard-Roche



Louis Lemercier de Neuville écrit dans la revue Le Livre (1886-1887). Lettres des deux frères Octave et Joseph Uzanne.

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L.A.S. d’Octave Uzanne à Louis Lemercier de Neuville – Paris, le 5 octobre 1886.[1]

                                                                                  Paris, le 5 octobre 1886

                                                               Cher Monsieur,

Je vous fais envoyer une livraison du Livre pour que vous puissiez prendre l’air de la maison.
Pour la longueur de vos articles, je préfère les publier par intermittence, et les voir relativement assez courts. 5 à 6 pages en moyenne.
Votre titre me semble bon au premier abord, lorsque j’aurai vu votre Mathieu[2] et que nous aurons causé un peu ensemble, je ne doute pas que nous ne nous entendions en quelques mots pour la suite.
Votre roman est aux mains du grand inquisiteur de la maison Quantin ; vous aurez une réponse d’ici huit à dix jours, j’espère.
Trouvez ici avec l’expression de ma sympathie l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

                                                           Octave Uzanne

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L.A.S. de Joseph Uzanne à Louis Lemercier de Neuville – Paris, le 10 janvier 1887 [écrit 1886 par erreur].

                                                                                                      Paris, le 10 janvier 1886 (sic).

 
                        Merci, mon cher ami, de votre charmante lettre et des quatre places qu’elle contenait. J’aurai un extrême plaisir à entendre votre spirituelle et amusante revue et surtout à vous serrer la main.

                        Votre article sur Gustave Mathieu parait dans le n° du « Livre » de mercredi, en premières pages. Le second, sur Monselet, suivra un peu plus tard. Pris par les livres d’Etrennes, surmené par les travaux de fin d’année, mon frère a corrigé lui-même les épreuves, pour simplifier la besogne et ne pas perdre de temps.
                        Le Directeur en chef de la grande revue « Le Livre » sera heureux de vous voir prochainement, soit chez Quantin, le jeudi de 4 à 6 h du soir, soit chez lui, 17, quai Voltaire, le matin jusqu’à midi.
                        Je vous envoie ses amitiés.
                        Je vous serre, mon cher ami, très-cordialement les deux mains.
                       
                                                                       Votre
                                                           Joseph Uzanne

                                               Boulevard Saint-Germain, 168 [tampon à l’encre violette].
  


[1] Cette lettre montre qu’à cette date Octave Uzanne ne connaissait pas ou peu Louis Lemercier de Neuville et qu’il fera plus ample connaissance grâce à cette participation au Livre, entre janvier 1887 et novembre 1889. Uzanne et Lemercier seront du premier cercle des amis d’Angelo Mariani et figureront en juillet 1891 dans le premier Album des Figures contemporaines. Lemercier y a sa notice et son portrait y est gravé à l’eau-forte par Adolphe Lalauze (voir photo).

[2] L’article de Louis Lemercier de Neuville parait au début de janvier 1887 dans les colonnes du Livre (bibliographie rétrospective) sous le titre : Flaneries à travers mes souvenirs et les rayons de ma bibliothèque : Gustave Mathieu (pp. 1 à 10). Lemercier renouvellera cette rubrique sous un titre semblable : Souvenirs à travers les rayons de ma bibliothèque : Jules Noriac (pp. 235 à 241) ; puis Béranger (pp. 321 à 330) avec une planche hors-texte et un très-joli encadrement de première page gravé sur bois ; pour l’année 1888, Lemercier de Neuville donne aux pp. 225 à 232 un article intitulé « Charles Monselet » celui-là même dont il est parlé dans la lettre. 1889 (livraison de novembre) voit le retour des Souvenirs à travers les rayons de ma bibliothèque : Le Théâtre de la rue de la Santé (pp. 342 à 352). Ainsi s’achève la participation le Lemercier de Neuville à la revue Le Livre qui prend fin également à la fin de l'année 1889.

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