lundi 2 juillet 2012

L.A.S à Louis Lemercier de Neuville - Octave Uzanne n'a pas pu assister aux obsèques de Charles Monselet (19 mai 1888) parce qu'à ce moment là il errait dans les dunes en Hollande.



Voici une lettre adressée par Octave Uzanne à Louis Lemercier de Neuville, marionnettiste, journaliste, chroniqueur, connu pour avoir crée le Théâtre érotique de la rue de la Santé. Octave Uzanne lui fait par de son regret de n'avoir pu assister aux obsèques de son ami Charles Monselet, étant à ce moment là (19 mai 1888) en Hollande pour une escapade "dans les dunes". Uzanne évoque des articles rendant bientôt hommage à la mémoire de ce "pauvre Monselet".

Bonne lecture.

Bertrand Hugonnard-Roche
                

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                                                                                                                   Paris, le 28 mai 1888

                Votre lettre m’est parvenue, mon cher ami (1), à mon retour d’une petite fugue en Hollande (2).

                Je n’étais point ici pour les obsèques du pauvre Monselet (3) ; j’errais dans les dunes. – mais je pense faire un très long article sur Monselet (4)  sans que cependant votre article (5) soit éliminé ni remis aux Calendes grecques.

                J’aviserai à cela pour la livraison de juillet. Il y aurait votre article et le mien. En attendant ces combinaisons de demain songez au Théâtre de la rue de la Santé (6) et croyez moi sincèrement bien à vous.

                                                                                              Octave Uzanne

                PS. Je n’étais pas là, vendredi dernier pour votre conférence hélas ! –

[1 page in-8 - lettre sur papier à en-tête de la revue Le Livre – Octave Uzanne, rédacteur en chef].

(1) Cette lettre est adressée à M. Lemercier de Neuville. Louis Lemercier, dit Louis Lemercier de Neuville, ou encore La Haudussière, (Laval, 2 juillet 1830 - Nice, 1918) est un marionnettiste, journaliste, chroniqueur, auteur dramatique et conteur français. Il est le créateur du Théâtre de Pupazzi français.

(2) les dates et les conditions de cette escapade en Hollande restent à déterminer.

(3) Voici ce qu’on pouvait lire dans la rubrique Nécrologie de la revue Le Livre (livraison du 10 juin 1888 (sixième livraison – neuvième année – n°102) : « Un poète aimable, un chroniqueur plein d’esprit, un écrivain léger, délicat, plein de fine bonhomie et d’indulgent humour, un des derniers gourmands lettrés de notre âge, un ami des livres et du Livre, M. Charles Monselet, vient de mourir (19 mai) après une longue et cruelle maladie. Il était né à Nantes en 1825. Sans compter quelques pièces de théâtre, comme les Femmes qui font des scènes, trois actes avec M. Alphonse Lemonnier (1872), Venez, je m’ennuie, un acte (1873), représenté d’abord au Kursaal de Bade ; l’Illote, un acte en vers avec Paul Arène, au Théâtre-Français (1875) ; la Revue sans titre, deux actes au Palais-Royal (1876), etc., on peut citer dans la foule de ses œuvres : Marie et Ferdinand, poème (Bordeaux, 1842) ; Histoire du tribunal révolutionnaire (1850) ; Statues et statuettes, portraits contemporains (1851) ; Restif de la Bretonne (1853) ; Figurines parisiennes (1854) ; les Vignes du Seigneur, poésies (1855) ; la Lorgnette littéraire, revue des écrivains contemporains, et les Oubliés et les Dédaignés, portraits du siècle dernier (1857) ; les Chemises rouges, les Folies d’un grand seigneur, Monsieur de Cupidon (1858) ; la Franc-Maçonnerie des femmes, les Tréteaux de Charles Monselet (1859) ; Théâtre de Figaro (1861) ; l’Argent maudit, les Galanteries du XVIIIe siècle (1862) ; les Originaux du siècle dernier (1863) ; les Femmes qui font des scènes, Fréron et l’Illustre Critique (1864) ;  le Plaisir de l’Amour, de Montmartre à Séville, Monsieur le duc s’amuse et l’Almanach du gourmand (1865) ; Portrait après décès, la Fin de l’orgie, François Soleil (1866) ; les Premières Représentations célèbres (1867) ; les Créanciers, Œuvre de vengeance (1870) ; Chanvallon, Histoire d’un souffleur de la Comédie française (1872) ; Gastronomie, les Frères Chantemesse,  les Marges du Code, le Canif de Damiens (1873) ; Lettres gourmandes, les Amours du temps passé, les Années de gaieté (1875) ; les Ressuscités, Scènes de la vie cruelle (1876) ; Panier fleuri, Prose et Vers (1878) ; une Troupe de comédiens, le petit Paris (1879), etc., etc. (in Le Livre, 1888, Bibliographie moderne, p. 328).

(4) On ne trouve pas d’article sur Charles Monselet dans les dernières années 1888 et 1889 de la de revue Le Livre (bibliographie moderne et rétrospective), c’est au début de la revue suivante, Le Livre Moderne, pp. 14 à 25, qu’on peut lire : « Au pays des autographes, quelques dédicaces inconnues – Les débuts littéraires de Charles Monselet. Quatre curieuses lettres inédites de Monselet à ses parents. » L’article en question est signé EVERYBODY (tout le monde), qui est un autre pseudonyme d’Octave Uzanne, comme il a pu utiliser aussi UBIQUISTE (qui signifie pratiquement la même chose dans l’esprit d’O. U.). Uzanne annonce un volume à paraître, écrit par André Monselet, fils du délicat bibliophile et polygraphe, préfacé et noticé par MM. Jules Clarétie et Octave Uzanne. O. U. qui n’a donc pas publié d’article complet pour Le Livre sur Monselet, s’est sans doute finalement réservé pour cette édition à venir. Plusieurs autres articles sur Monselet seront disséminés dans Le Livre Moderne, notamment un Charles Monselet voyageur, pages détachées de l’histoire inédite de ses œuvres. Tome II, pp. 205-213. L’ouvrage d’André Monselet sur son père est disponible en version numérique ici :
Il est possible qu’Octave Uzanne ait participé à l’élaboration de cet ouvrage, peut-être pour la partie bibliographique, mais son nom n’apparait nulle part dans ce livre. Uzanne reviendra encore sur Uzanne dans son autre revue L’art et l’idée (1892) et encore en 1923 dans un article qu’il signe au Figaro.

(5) On trouve dans la Bibliographie rétrospective de la revue Le Livre, pour l’année 1888, et parue trois mois après le décès de Charles Monselet, une courte étude signée L. Lemercier de Neuville. On la trouve aux pages 225 à 232. L’auteur annonce « une étude complète sur Monselet » par le rédacteur en chef (O. U.) à paraître bientôt.

(6) Le Théâtre de la rue de la Santé, Théâtre érotique de la rue de la Santé, théâtre bizarre, irrégulier, sauvage, excessif – mais où l’on a ri d’un rire franc, et qui a eu le privilège de réunir, dans la communion de la gaîté, un petit nombre d’artistes et d’hommes de lettres bien portants. M. Lemercier de Neuville en fut à la fois l’architecte, le maçon, le peintre, le machiniste et le directeur. Le privilège lui en fut, bien entendu, solennellement concédé. Le théâtre érotique de la rue de la Santé : son histoire, Batignolles [Bruxelles] : Poulet-Malassis, 1864-1866, 219 p. : ill. 2 parties en 1 volume. Ces volumes contiennent "La Grisette et l'Etudiant" par Henry Monnier ; "Le dernier jour d'un condamné" par Jean-Hippolyte Tisserant ; "Les Jeux de l'amour et du hazar" par Lemercier de Neuville ; "Un caprice" par Lemercier de Neuville ; "Scapin maquereau" par Albert Glatigny ; "Signe d'argent" par Amédée Rolland et J. Duboys ; "Le bout de l'an de la noce" par Lemercier de Neuville et J. Du Boys ; "La grande symphonie des punaises".

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