mercredi 25 juin 2014

"à M. Prosper Blanchemain bon souvenir amical au chatelain de Longefont Octave Uzanne" envoi autographe d'Octave Uzanne sur l'Idée sur les romans du marquis de Sade (Paris, Ed. Rouveyre, 1878)



"à M. Prosper Blanchemain
bon souvenir amical au
chatelain de Longefont
Octave Uzanne"

envoi autographe d'Octave Uzanne sur
l'Idée sur les romans du marquis de Sade
(Paris, Ed. Rouveyre, 1878)

Coll. privée


Nous avons déjà parlé de Prosper Blanchemain à propos d'une épître adressée à Octave Uzanne en guise de présentation des Oeuvres de Guy de Tours (24 septembre 1878). Blanchemain meurt le 25 décembre 1879.

Bertrand Hugonnard-Roche

lundi 23 juin 2014

Octave Uzanne antisémite ... "Ceux d'Angleterre plus particulièrement ne songent guère à se préoccuper de Sionisme. Depuis près de trois quarts de siècle, tout sourit à leurs efforts." (1913).



Exemplaire de l'Angleterre Juive, Israël chez John Bull,

par Théo-Doedalus [Octave Uzanne]
Bruxelles, Veuve Ferdinand Larcier,
Paris, Fontemoing et Cie, 1913
Reliure pleine toile de l'éditeur.
Collection Bertrand Hugonnard-Roche
Octave Uzanne antisémite (*) ... peut-être pas farouche antisémite militant mais antisémite au point d'écrire un imposant pamphlet qui paraît à l'été 1913. Nous en avons d'ailleurs déjà parlé ici à plusieurs reprises.

Voici un extrait à verser au dossier. Il ouvre le chapitre VIII intitulé La Société Nouvelle Judéo-Anglaise etc. En quelques lignes on y pose la problématique de l'Etat juif et de Jérusalem. Octave Uzanne écrit :

"Certain juif anglais, parvenu au sommet de ses ambitions, s'écriait un beau soir, vis-à-vis d'un groupe de ses coreligionnaires, au sortir du quatrième Congrès sioniste, à Londres, en août 1901 :
"Pourquoi diable ! l'idée nous pourrait-elle venir de retourner à Jérusalem, si nous pouvons continuer, comme nous avons si bien commencé de le faire jusqu'ici, à façonner l'Angleterre à nos mœurs et coutumes ?"
Cette réflexion, profondément juste dans le cynisme de sa drôlerie, témoigne du peu de succès relatif obtenu en Royaume-Uni par le nouveau mouvement nationaliste juif connu sous le nom de Sionisme. Le Sionisme qui a pour but d'assurer pour l'avenir aux victimes de la persécution antisémite un asile sûr dans un pays définitivement réservé à la régénération d'Israël, qui trouverait son plein développement intellectuel et politique dans un Etat juif, très normalement déterminé en Palestine.
La plupart des israélites établis en Europe et aux Etats-Unis ne se soucient certes point d'avoir une nouvelle patrie ; ils ont trop d'avantages à tirer profit de toutes les patries opulentes de la chrétienneté où ils savent vivre et s'enrichir si plantureusement. Ceux d'Angleterre plus particulièrement ne songent guère à se préoccuper de Sionisme. Depuis près de trois quarts de siècle, tout sourit à leurs efforts. Non seulement ils ont acquis ou acquièrent encore des fortunes considérables, mais aucune classe de la société ne leur étant plus fermée, ils peuvent désormais étaler publiquement leurs vanités, se montrer partout et au premier rang, faire de la piaffe, agiter de la poussière, recevoir l'aristocratie, figurer à la Cour, dans les drawings rooms les plus fastueux, participer à la politique des nations où ils se sont implantés peu à peu de façon insidieuse. - Que pourraient-ils désirer de plus ? - Un Etat juif ne pourrait à tout point de vue leur être qu'infiniment défavorable. Jouisseurs au premier chef, âpres à toutes les curées du plaisir et des honneurs, épris de luxe, de vie fiévreuse et d'hommages publics, ayant le goût immodéré des relations cosmopolites et des constants déplacements pour les villes d'eaux, les plages internationales, les grandes cités soleillées d'hiver, où tous les enrichis des deux mondes se donnent rendez-vous, ils ne trouveraient aucun goût à vivre désormais dans une Jérusalem reconstituée qui, à leurs yeux, ne serait qu'un retour à un Ghetto nationalisé. [...]"

Théo-Doedalus [Octave Uzanne]


samedi 21 juin 2014

Exemplaire Octave Uzanne du Discours du comte de Bussy-Rabutin à ses enfants (1694). Premier ex libris de sa bibliothèque (avant 1882).



Exemplaire Octave Uzanne avec son premier ex libris artisanal (avant 1882).

Collection Bertrand Hugonnard-Roche, 2013


On ne dira que quelques mots concernant cette provenance. Octave Uzanne a côtoyé les écrits de Bussy-Rabutin (1618-1693) lorsqu'il a étudié le XVIIe siècle libertin. Bourguignon comme lui, Uzanne a certainement chiné cet exemplaire chez un bouquiniste des quais entre 1871 et 1881. En effet, en 1882, Aglaüs Bouvenne dessine et grave un nouvel ex libris pour Uzanne (voir le billet concernant les 4 ex libris connus d'Octave Uzanne). Ce premier ex libris, composé des lettres du nom U Z A N N E entremêlées et imprimées en noir, au trait, sur un simple papier jaune, ne se trouve donc que dans les premiers volumes qu'il a acquis. On a trouvé cet ex libris sur un ouvrage accompagné de la date manuscrite 1872 (peut-être a-t-il été employé dès 1871 ? 1870 ? nous ne savons pas). Quoi qu'il en soit, Octave Uzanne a lu Bussy-Rabutin dans le texte et ce dès ces premières années de formation d'homme de lettres averti qu'il voulait être du siècle des Ruelles. Pour l'anecdote, ce volume avait appartenu précédemment à un certain Roger pensionnaire du Collège de Reims (à la fin du XVIIe siècle ou dans le premier quart du XVIIIe d'après quelques notes qu'on peut trouver sur une garde blanche). L'exemplaire est resté jusqu'à aujourd'hui relié dans sa première reliure en veau marbré de l'époque, dos orné des fleurons classiques de la fin du XVIIe siècle, gardes blanches, tranches mouchetées de rouge. Les coins sont usés ainsi que l'extrémité des coiffes, mais l'ensemble reste solide et élégant malgré des ors un peu ternis. La reliure n'a jamais été restaurée. Ce volume n'a pas été catalogué en 1894 et en 1899 lors de la vente de livres de la bibliothèque dOctave Uzanne. Seul le hasard nous a permis de le retrouver dernièrement catalogué chez un libraire parisien du VIe arrondissement, rue Visconti. Amusant d'ailleurs de constater que la rue Visconti se situe presque à mi-chemin entre le 72 de la rue Bonaparte, premier adresse parisienne d'Octavce Uzanne et le 17 Quai Voltaire son adresse entre 1887 et 1904. Ce volume a du voyager entre ces deux adresses avant d'échouer rue Visconti. A moins qu'un plus long périple de l'ai fait voyager bien plus loin pour finalement revenir presque à son point de départ.

Bertrand Hugonnard-Roche

jeudi 19 juin 2014

Un des 4 exemplaires sur vélin du Calendrier de Vénus (1880). Exemplaire offert par Octave Uzanne à James Carleton Young (1856-1918), surnommé le "Roi des bibliophiles". Vendu par Bonhams, Londres le 18 juin 2014 (780 euros frais inclus).



Photo Bonhams, juin 2014


Lot 186 • UZANNE (OCTAVE) Le calendrier de Vénus, NUMBER 1 OF 4 COPIES PRINTED ON VELLUM IN RED AND BLACK, from an overall edition of 100 copies, AUTHOR'S PRESENTATION COPY, inscribed on the colophon "To James Carleton Young for ever. This book of my youth alas! away.... Octave Uzanne", Paris, Edouard Rouveyre, 1880 Sold for £625 (€780) inc. premium.

The Property of a Collector UZANNE (OCTAVE) Le calendrier de Vénus, NUMBER 1 OF 4 COPIES PRINTED ON VELLUM IN RED AND BLACK, from an overall edition of 100 copies, AUTHOR'S PRESENTATION COPY, inscribed on the colophon "To James Carleton Young for ever. This book of my youth alas! away.... Octave Uzanne", engraved frontispiece by Marius Perret, entirely untrimmed in crushed citron morocco by The French Binders, Garden City, N.Y., gilt lettered spine, morocco turn-ins and watered silk doublures, t.e.g., original printed pink wrappers bound in, 8vo, Paris, Edouard Rouveyre, 1880 FOOTNOTES Provenance: James Carleton Young (1856-1918, American bibliophile, known in France as "Le Roi des Livres"), gifted by the author.

BOOKS, MAPS, MANUSCRIPTS AND HISTORICAL PHOTOGRAPHS London, Knightsbridge 18 Jun 2014 13:00 BST Auction 21763.


Photo aimablement communiquée par Bonhams, Londres.
Autographe partiel.

lundi 2 juin 2014

L'exemplaire Octave Uzanne des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Vente du 2 et 3 mars 1894, n° 22. (suite)




Exemplaire Octave Uzanne des Fleurs du mal de Baudelaire
Reliure maroquin décoré par Amand
Exemplaire adjugé 15.000 francs belges à la vente Alex. Daniel à Bruxelles en 1960.


Pour faire suite à notre précédent billet concernant l'exemplaire Octave Uzanne des Fleurs du mal de Charles Baudelaire (n°22 du catalogue de la vente du 2 et 3 mars 1894 des livres de la bibliothèque d'Octave Uzanne), voici, retrouvée par un ami bibliophile M. Benoît Storme, la notice de ce même exemplaire passé aux enchères lors de la vente de la Bibliothèque de M. Alex. Daniel du 12 mars 1960 (Bruxelles, Raoul Simonson, libraire-expert) :

15. Les Fleurs du Mal. Seconde édition, augmentée de trente-cinq poèmes nouveaux et ornée d'un portrait de l'auteur dessiné et gravé par Bracquemond. Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1861 ; in-12, plein maroquin brun foncé, dos à 5 nerfs orné de fleurs de chardon et de motifs d'angle dorés, guirlande à décor identique encadrant les plats, motif central symbolique mosaïqué au centre du premier plat, double filet doré sur les coupes, dentelle int., tranches dorées (Amand.)

Seconde édition, en partie originale. Elle contient 35 poèmes nouveaux et plusieurs poèmes parus dans la première édition de 1857 reparaissent ici remaniés. On a relié dans cet exemplaire le Complément aux Fleurs du Mal, Bruxelles, 1869, donnant le texte des pièces condamnées et supprimées dans la première édition. On a, en outre, relié dans cet exemplaire :

1° Un billet autographe de Baudelaire, à Charles Asselineau, lui annonçant que Rozier sort de chez lui et qu'ils seront deux chez Asselineau, jeudi, 25, après-midi. Il termine aussi "Pas besoin de chevaler".

2° Le très rare frontispice gravé par Bracquemond, à l'eau-forte, pour la seconde édition des Fleurs du Mal et qui fut refusé par Baudelaire. Il figure ici en deux états différents, tous deux sur Chine.

3° Le frontispice de Félicien Rops pour les Epaves de Baudelaire, également en épreuve sur Chine.

4° Trois aquarelles originales, fort naïves, du relieur Amand, d'un satanisme bourgeois, très significatif de son époque.

5° La notice imprimée relative à cet exemplaire, extraite du catalogue de la vente d'Octave Uzanne et rédigée par lui. Elle témoigne d'une admiration démesurée pour le relieur Amand et d'un regrettable parti pris à l'égard du relieur Bauzonnet, qui fut certes un des plus illustres relieurs de cette époque.

Reliure typique et strictement contemporaine de cette édition des Fleurs du Mal. Légères rousseurs. (Voir planche VI.)

Quand M. Alex. Danier a-t-il acquis cet exemplaire avant 1960 ? A qui cet exemplaire a-t-il été adjugé lors de cette vente ? Il a été vendu 15.000 francs belge lors de cette vente de 1960.

A suivre ...

Encore merci à M. Benoît Storme pour ces précieuses informations,

Bertrand Hugonnard-Roche

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