mercredi 10 janvier 2018

La femme en chemin : Devons-nous "assouplir" les liens du mariage ? (enquête parue dans Paris-Soir des 4 au 12 août 1924). Octave Uzanne répond.


Voici la réponse d'Octave Uzanne parue dans le Paris-Soir du mardi 12 août 1924 :

M. Octave Uzanne expose avec une netteté remarquable les données du problème qui nous occupe aujourd'hui :

Les lois ont une vie limitée. Les sociétés qui les subissent se modifient. La morale qui les dicta varie avec les mœurs des temps nouveaux. Il arriva, même une heure où il n'appartient plus à l’État d'en diriger l'action. Le divorce s'est imposé bien qu'encore imparfaitement. J'estime qu'il faut alléger davantage les chaînes du mariage. En réalité certaines civilisations orientales nous ont fourni des lois d'union fort intéressantes à étudier et dont l'application fut des plus favorables à la race et au bonheur des conjoints. Il est très difficile de traiter de telles questions en quelques mots. Nous concevons assez vaguement les tendances des générations montantes vis à vis des jeunes filles épousables. Pour être logiques, il conviendrait aux législateurs de pousser leurs directives jusqu'aux limites de la polygamie. De fait, elle existe et en droit il faut bien lui être tolérant et fermer les yeux, avec l'hypocrisie collective qui subsiste — ce sont les mœurs bonnes ou mauvaises qui créent les lois propres aux états sociaux évolués. Attendons de voir clair dans la révolution morale qui est déjà en action mais surtout en devenir. 

Octave UZANNE. (*)

Déjà, en s'appliquant étudier les aspects nouveaux d'une vie transformée, M. Octave Uzanne prévoit une modification de nos lois, commanditée par l'évolution lente des mœurs, leur adaptation logique aux nécessités du moment.

Renée DAVID.

(*) Octave Uzanne avait déjà donné son opinion sur ce sujet sensible dans "La maîtresse légitime" de Georges Anquetil, parue en 1922. Lire notre article.

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