dimanche 27 avril 2014

"Souviens-toi que tu es Benserade, et que tu redeviendras poussière." Octave Uzanne, 10 mai 1875


Octave Uzanne en 1875 (24 ans)
"Souviens-toi, homme, que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière." [Genèse II, v.19], détournée par le jeune Octave Uzanne en : "Souviens-toi que tu es Benserade, et que tu redeviendras poussière." Joli trait d'esprit latinisant pour ce tout nouvel homme de lettre aussi inconnu qu'une poussière à cette date de mai 1875. Son volume des Poésies de Benserade a été achevé d'imprimer par Jouaust le 20 mars. A qui Octave Uzanne demande-t-il ces "quelques mots" ? Le 10 mai 1875 c'est sans doute à un critique littéraire qu'il s'adresse pour demander quelques lignes dans un article de compte rendu. Dans quel journal ? Dans quelle revue ? Nous ne savons pas. Nous avons connaissance, en date du 29 mai, d'un bel envoi sur un exemplaire de ces mêmes Poésies de Benserade adressé au critique Francisque Sarcey. Ce peut-il que ce petit mot du 10 mai ait été adressé au même ? Encore une fois nous ne savons pas.
Octave Uzanne n'a pas encore 24 ans lorsqu'il rédige ce petit billet. On a sa physionomie grâce à une photographie qui date de cette même année 1875 issue de l'ancienne collection Yvan Christ (nous ne savons pas ce qu'est devenu aujourd'hui cette photographie si précieuse). Octave Uzanne en impose avec ses beaux habits, ses cheveux très frisés coupés comme ceux de Jean Richepin, son ami, son port de tête hautain, l'oreille pointue, le menton proéminent et le regard sombre que l'on sent perçant et aiguisé.


Coll. Bertrand Hugonnard-Roche



Mon cher Monsieur

(Memento quia Benserade est
et ex pulvere reversus est.)

quelques mots s.v.p.

Octave Uzanne

Paris 10 mai 1875

69 r. des feuillantines.


A noter la signature encore non fixée du jeune Octave Uzanne. Elle changera bientôt (à partir de 1880 environ) pour ne pratiquement plus bouger jusqu'à sa mort en 1931.

Bertrand Hugonnard-Roche

Note : Il y a forte probabilité pour que ce petit billet, acheté en même temps que d'autres, ait été adressé en fait à Alexandre Piedagnel (1831-1903), écrivain, journaliste et secrétaire particulier de Jules Janin.

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