samedi 3 août 2019

"Je suis, moi aussi, un sylvain, un amoureux des grandes forêts, près desquelles j'ai vécu et voudrais prendre retraite." Octave Uzanne à André Mary, 29 mai 1907.

Coll. Bertrand Hugonnard-Roche, acquisition août 2019


* * *


"Paris ce 29 mai 07 [1907]

Cher monsieur,

Merci pour l'envoi des "Profondeurs de la forêt". Le mal qui me tient, depuis plus d'un mois, une broncho-pneumonie, m'a donné les loisirs de lire votre ouvrage et de vous témoigner du plaisir que j'y trouvai.

Je suis, moi aussi, un sylvain, un amoureux des grandes forêts, près desquelles j'ai vécu et voudrais prendre retraite. J'ai donc particulièrement goûté votre livre de poëte et suis heureux de pouvoir vous le dire.

Mes souvenirs bien sympathiques

Octave Uzanne" (*)

(*) Cette lettre est adressée à André Mary (1879-1962). Comme Octave Uzanne, André Mary était d'origines bourguignonnes. Poète, amoureux de la poésie anciennes, il contribua à de nombreuses revues littéraires. On lui doit notamment les Symphonies pastorales (1903), Les Sentiers du Paradis (1906), Les Profondeurs de la Forêt (1907), Le Cantique de la Seine (1911), Le Doctrinal des Preux (1919), Le livre des idylles et passe-temps (1922), Rondeaux (1924), etc. Au moment de l'envoi de cette lettre Octave Uzanne est malade depuis plus d'un mois (sans doute depuis fin mars ou début avril 1907). On sait par la chronologie que nous avons pu établir qu'Octave Uzanne partira de juin à novembre 1907 pour se reposer et retrouver une certaine sérénité physique et morale au coeur de la forêt de Barbizon (lire à ce sujet notre article Parenthèse Barbizonnienne (juin à novembre 1907) - Première partie.). Par ailleurs nous avions publié plusieurs articles concernant cette période de santé fragile, notamment à travers les courriers qu'il envoyait alors à son frère Joseph. Voir les articles de la chronologie se rapportant à l'année 1907. Nous savions l'amour d'Octave Uzanne pour les forêts et leur calme. Son penchant mélancolique pour ne pas dire dépressif s'acclimatait parfaitement aux silence bruyant des arbres centenaires.

Bertrand Hugonnard-Roche

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